Quand il y a laryngite phlegmoneuse
VALLEIX
teur n’insiste pas, en somme, sur l’influence de « l’angine tonsillaire, dontLindet, de Rouen, devait, un peu plus tard, montrer nettement l’action ; mais il signale, d’après Gharcellay, l’ingestion de substances caustiques comme facteur pathogénique possible bien qu’exceptionnel. Le début varierait suivant la cause; quand il y a des lésions pathogéniques profondes et étendues, le stade initial ne serait pas naturellement ce qu'il est dans les cas de nature plus aiguë. Au point de vue de la marche, il admet, comme la majorité des auteurs de l’époque, une forme rapide et une forme relativement lente. L’étude des symptômes est faite par Valleix avec le plus grand soin, d’après surtout le mémoire bien connu de Bouillaud, et l’excellent article que Blache avait consacré à l’affection dans le Dictionnaire de médecine pratique. Ici encore, il insiste un peu plus que déraison sur la douleur laryngée à la pression qu’il déclare cependant très variable. La voix serait rauque, éteinte, pénible. Il rejette le cri chevrottant observé chez les nouveau-nés par Billard, ce symptôme se trouvant, ditil, d’après ses propres recherches, dans d’autrês affections que l’œdème de la glotte. Il n’oublie pas l’orthopnée, observée par Bouillaud dans quelques cas exceptionnels. La toux ne présenterait pas de caractères spéciaux ; quant à l’expectoration, elle varierait suivant la nature des causes qui ont déterminé l'œdème de la glotte. Parfois le doigt permettrait en arrivant jusqu’à l’orifice supérieur du larynx de constater la tuméfaction des parties (Thuillier, Legroux, Bricheteau). Pendant l’accès, il y aurait parfois agitation extrême (Bricheteau) ou même crise de désespoir (A. Lefèvre).
Le diagnostic différentiel est très étudié, mais sans détails réellement nouveaux. Comme Cruveilhier, mais avec moins de précision, il étudie la confusion possible avec l’anévrisme de la crosse de l’aorte et cite, à ce propos, un cas de Bayle recueilli par Cayol. Parfois du reste, œdème de la glotte et anévrisme aortique pourraient coïncider, comme dans l’observation publiée par Dauvergne (de Toulon) dans la Gazette médicale de Paris, le 15 juillet 1852. Valleix affirme, dans son mémoire, qu’une infiltration purulente de la paroi postérieure du pharynx peut simuler à s’y méprendre l’œdème de la glotte (Ballot, Priou, Carmichael, etc.).
Polypes du larynx. — Valleix cite tous les cas connus de son temps, c’est-à-dire ceux de Desault [Œuvres chirurgicales, trois cas, t. II, p. 254), de Lieutaud (Historia medica, etc.,etc., t. II, lib. IV, obs.63 et 64, page 297, édition de Paris, 1767), de Trous-
LES MAÎTRES DE L’ÉCOLE DE PARIS
seau et Belloç ( Phlisielaryngée ), de Senne, de Romain, Gérardin, d’Ehrmann ( Histoire des polypes du larynx , Strasbourg, 1850, comprenant 36 cas), de Rokitanski ( Union médicale , 25 novembre 1851, onze cas nouveaux). Il déclare, bien entendu, que l’on ignore les causes de l’affection, qui se verrait surtout chez l’adulte. L’expectoration n’offrirait rien de spécial. Pas de douleur laryngée spontanée ou à la pression, souvent sensation de corps étranger et surtout des accès de suffocation parfois fort graves, sur lesquels Desault a beaucoup insisté, ditValleix, etqui seraient assez caractéristiques. Il n’y aurait qu’un signe certain, dit Ehrmann, l'expulsion de fragments de polype observé dans un certain nombre de cas. On pourrait alors, comme l’a fait cet auteur, pratiquer l’extirpation après laryngo-trachéotomie préalable.
Cancer du larynx. — Tout à fait exceptionnel, d’après le peu d’exemples qu’on en posséderait dans la science *, il se caractériserait surtout par de l’enrouement, de l’aphonie, de l’amaigrissement, une teinte jaune terreux et, vers les derniers temps, par une expectoration sanglante, assez caractéristique. La marche fut lente dans le cas de Trousseau et Belloc et le mal resta longtemps larvé. Aussi le diagnostic paraît difficile à l’auteur, pendant les premiers temps de la maladie. Quant aux lésions, il rapporte longuement les investigations nécropsiques chez le sujet dont Louis a rapporté le cas.
Aphonie. — Valleix ne parle pas de l’aphonie de cause grossière (lésions locales). Il exclut dans sa description les lésions organiques, et les troubles mentaux de l’étiologie de l’affection. En dehors de l’hystérie et des aphonies sympathiques (réflexes), dues à des affections utérines diverses, parfois à l’accouchement, l’auteur n’a en vue que la paralysie récurrentielle totale, dont Galien avait, prouvé, il y a bien des siècles, la possibilité expérimentale. L’intoxication saturnine devrait être incriminée chez quelques malades (Tanquerel des Planches, Baglivi, de Haen, Bonté, Desbois). Les auteurs, avoue Valleix, ont été très sobres de renseignements sur la symptomatologie. D’après lui, le début serait tantôt brusque 1 2 , tantôt graduel. Les malades ne peuvent parler, dit-il, qu’à voix basse ; encore leur faut-il de grands efforts pour se faire comprendre.
1. Valleix ne connaissait que le cas de Louis et celui de Trousseau et Belloc.