BOYER
résolution ou tuerait par asphyxie, en bouchant le passage à travers la glotte. A l’ouverture du corps des personnes mortes suffoquées par une angine laryngée, on trouverait « la membrane muqueuse du larynx et de l’épiglotte rouge, épaissie et quelquefois recouverte d’une couche membraniforme mince, blanche, facile à découper et à détacher, l’ouverture de la glotte plus ou moins rétrécie par le gonflement des parties qui la forment ; les ventricules du larynx remplis d’un liquide épais, noirâtre, semblable à du sang décomposé ; des escarres partielles blanchâtres ; une flaccidité gangreneuse et une couleur livide de toute la membrane muqueuse de ces conduits (larynx et trachée) ». Avec une pareille conception du mal, il n’est pas étonnant de voir Boyer déclarer que « le pronostic de l’angine laryngée est en généralement très grave » . Parfois elle aboutirait à la destruction du larynx, c’est-à-dire la phtisie laryngée, mais bien plus souvent celte dernière succéderait au simple catarrhe de l’appareil vocal.
A ce propos, l’auteur trace une description sommaire des laryngites destructives chroniques du larynx, d’après les idées de l’époque. Il insiste surtout sur les troubles de la phonation, sur la toux sèche, puis muqueuse, sur la douleur spontanée ou à la pression au niveau du larynx, sur la fétidité présumée a priori de l’haleine, étant donnée la nécrose des cartilages, sur la déglutition difficile, douloureuse, parfois impossible surtout pour les liquides. A une période plus avancée, en outre de l’aphonie, on noterait le mauvais état général de toute phtisie, c’est-àdire un grand amaigrissement avec sueurs colliquatives, diarrhée, épuisement des forces, etc. « La phtisie laryngée complique souvent la phtisie pulmonaire ; mais alors, tantôt elle précède cette dernière A et tantôt elle l’accompagne. Dans le premier cas, la durée de la maladie est en général plus longue que dans le dernier. » Royer est assez sceptique sur les moyens de différencier les deux affections concomitantes. « Au reste, le.plus ordinairement, on ne reconnaît cette complication de la phtisie laryngée avec la phtisie pulmonaire que par l’ouverture des corps. »
' On trouve dans l’ouvrage de Boyer une description assez longue du croup. Elle est faite tout entière d’après les idées de Home 1 2 et ses successeurs, c’est-à-dire que l’auteur admet que le mal arrive d’emblée dans le larynx, qu’il est dû au refroidissement