Portai
2. Cet article a été écrit évidemment avant la publication des recherches de Bretonneau et de Guersant. S’il a été maintenu dans la 3 e édition, c’est
■ que la querelle entre dualistes et unicistes n’était pas encore décidée.
LES MAÎTRES DE L’ÉCOLE DE PARIS
et à l'humidité, qu’il se montre exclusivement chez l’enfant, qu’il n’est pas contagieux. Parfois épidémique, le mal serait le plus souvent sporadique, quelquefois endémique. Comme ses contemporains, Boyer a les idées les plus fausses sur le caractère habituel de la toux ', « qu’on a. nommée croupale et qu’on a comparée au cri du coq, à l’aboiement du chien, à un sifflement, au son d’un instrument à vent. »
L’auteur admet qu’on peut à la rigueur recourir, à la bronchotomie , quand le traitement antiphlogistique et les révulsifs ont échoué. « Cette opération, qui jusqu’ici n’a point été pratiquée avec succès dans le croup, aété d’abord indiquée par Home, ensuite attaquée et défendue par .ceux qui ont écrit après lui. M. Caron, dans ces derniers temps, l’a singulièrement préconisée; c’est, selon lui, le remèdeunique, puissant, infaillible, lorsqu’on l’emploie de bonne heure. Si des éloges exagérés ne suffisent pas pour l’autoriser toujours, quelques mauvais succès ne. doivent pas la faire proscrire entièrement. La bronchontomie a été conseillée dans un double but : celui d’ouvrir une route artificielle à l’air et celui d’extraire la fausse membrane formée dans les voies aériennes. » Si cettedernière s’arrête au larynx, l’opération réussira. Elle échouera, au contraire, si elle s’étend du côté de la trachée et des poumons. Mais, comme il est difficile d’en savoir quelque chose à l’avance, on se résignera à l’intervention tenant compte du conseil de Celse : « Meliüs anceps remedium quam nullum ».
Rien à dire de bien spécial du paragraphe consacré par Boyer à l 'œdème de la glotte. Il est tii*é tout entier du célèbre mémoire de Bayle, au début du xix e siècle ; mais du moins, l’auteur a eu le mérite d’insister sur l’opportunité et même la nécessité de la trachéotomie en pareille occurrence.
Il n’est parlé ici que des corps étrangers de la trachée et des bronches, ceux du larynx étant passés sous silence.
Boyer s’est longuement occupé de l’ouverture de la trachée qu’il appelle bronchotomie 1 2 suivant l’usage de l’époque. Il cite, bien entendu, le célèbre opuscule de Habicot sur la question, puis Deharting, professeur àRostock, qui publia, en 1714, une dissertation sur le sujet, surtout en cas d’asphyxie par submersion. Dans les cas d’angine laryngée grave, la nécessité d’intervenir par la création d’un passage artificiel à l’air aurait été reconnue