BOYER
déjà par Hippocrate, qui avait préconisé, comme le fit plus tard Desault, une sorte de tubage, pratique que Boyer rejette entièrement. L’écrivain est d’avis que cette opération est en somme justifiée. «Aujourd’hui, on est tellement convaincu de son indispensable nécessité, de la facilité de son exécution et de son innocuité, qu’on regarderait comme très blâmable la conduite d’un chirurgien qui ne ferait pas la bronchotomie dans le cas d’angine avec danger imminent de suffocation ou dans celui où un corps étranger serait tombé dans la trachée-artère». Il rappelle à ce sujet les recherches de Vicq d’Azyr sur les chiens, communiquées en 1776 à la Société royale de médecine. En 1779, Fourcroya fait, dit-il, de la laryngotomie le sujet de sa thèse de doctorat. D’une étude attentive de l’anatomie des couches de tissu à sectionner, Boyer déclare que cette dernière est supérieure à la trachéotomie. Pour pénétrer dans le larynx, on fendra le cartilage thyroïde longitudinalement ou bien on divisera transversalement le ligament crico-thyroïdien. L’intervention serait des plus simples. « En offet, la partie moyenne du cartilage thyroïde et la membrane qui va du bord inférieur de ce cartilage au bord supérieur du cartilage cricoïde n’étant couvertes que par la peau, un peu de tissu cellulaire qui ne contient presque point de graisse et les muscles sternohyoïdiens, il est facile de les découvrir entre ces deux muscles par une incision supèrficielle. Dans le trajet de cette incision, il n’y a aucun vaisseau dont la lésion puisse donner lieu à une hémorragie; seulement on trouve sur la membrane crico-thyroïdienne une artériole dont la direction est transversale et qu’on couperait inévitablement si l’on incisait cette membrane de haut en bas mais que l’on évite en donnant à l’incision une direction transversale. » Boyer faisait en réalité une laryngo-trachéotomie; car il sectionnait en même temps que le cricoïde les trois premiers anneaux de la trachée. Il indique longuement sa façon de procéder sur lé cadavre, qui n’avait- en somme rien de bien spécial.
IL — CHASSAIGNAC
Chassaignac a communiqué, en 1844, à la Société de chirurgie, une observation de plaie du larynx, chez un homme de cinquante-deux ans, qui, dans une tentative de suicide, s’était largement entaillé la partie antérieure du cou, en suivant très exactement le bord supérieur de l’os hyoïde, divisant la base de la langue « et détachant l’épiglotte qui reste appliquée en manière de feuille d’acanthe sur la face dorsale de la langue, où on peut la reconnaître en introduisant le doigt à travers la plaie et en le recourbant en haut à la façon d’un crochet. Il résulte dé cette ablation de l’épiglotte que l’orifice supérieur du larynx se trouve complètement découvert et très facile à obser-
Dans les premiers jours qui suivirent ce traumatisme, on pouvait promener le doigt sur cet orifice supérieur sans provoquer la moindre nausée de telle sorte qu’on soupçonna un moment que les deux nerfs laryngés supérieurs avaient été intéressés. Mais ce trouble anormal de la sensibilité n’était pas le seul phénomène intéressant qu’on pouvait observer, il yen avait un autre qui semblait indiquer un mode spécial de fermeture du larynx ayant échappé jusqu’ici complètement à l’attention des physiologistes et sur lequel Ghassagnac croit devoir insister.
« Le larynx, à son orifice supérieur et immédiatement au-dessous de l’épiglotte, ne se ferme pas par aplatissement transversal, mais par un mouvement d’arrière en avant de l’espèce de valve bi-aryté noïdienne qui vient s'abaisser jusqu’au contact avec la concavité du cartilage thyroïde 1 2 .
« Il y a donc comme moyen de fermeture de l’orifice supérieur