‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 93 sur 117 · Sidération nerveuse · texte numérisé non relu

Sidération nerveuse

2. La lésion, en supprimant les antagonistes, devait faire en effet basculer les cartilages aryténoïdes, lors de la fermeture de la glotte par tiraillement en avant.

CHASSAIGXAC

du larynx : 1° l’abaissement de l’épiglotte ; 2° l’abaissement de ce qu’on peut appeler l’épiglotte aryténoïdienne ; 3° le resserrement jusqu’à occlusion des lèvres de la glotte.

« On croit généralement qu’en dehors de certaines conditions particulières, telles que l’effort, ou bien le passage des liquides et des solides dans le pharynx, l’ouverture laryngée supérieure est béante d’une manière non interrompue; il n’en est rien, car on peut remarquer chez le sujet de cette observation qu’il y a des repos fréquemment répétés dans l’acte respiratoire... »

A la même société, il fit connaître un cas fort intéressant et alors très rare de sténose laryngée consécutive à un laryngotyphus, qui fut combattue au moyen de bougies élastiques ; de plus, le cartilage thyroïde ayant été en partie détruit, la peau du cou faisait à l’intérieur du larynx une sorte de valvule. L’habile chirurgien fendit celle-ei et introduisit dans l’organe une canule trachéale assez analogue à celle qu’avait préconisée Richet et qui permit à la respiration de s’établir avec une facilité relative ; mais, comme le port continu de cet instrument avait déjà amené des accidents, on se demandait s’il serait toléré longtemps par le malade. Du reste, voici l’analyse de la communication telle qu’elle est rapportée dans le Bulletin de la Société de chirurgie.

Il s’agissait d’un jeune homme de 21 ans qui, pendant la convalescence d’une fièvre typhoïde, fut atteint de laryngite sousmuqueuse 1 et subit consécutivement la trachéotomie pour qu’on pût le débarrasser de phénomènes asphyxiques très menaçants. « Depuis cetteépoque, qui remonte déjà à dix-huit mois, le malade a été dans la nécessité de garder sans cesse la canule, chaque tentative pour s’en passer amenant des symptômes de suffocation immédiate. »

Ghassaignac ayant eu l’intention de recourir à une canule semblable à celle que Richet avait montrée sur un de ses malades et qui présente un tube ascendant ou laryngien et un tube descendant, dut recourir à une dilatation préalable du larynx rétréci. Il y procéda par l'emploi de tubes élastiques en caoutchouc vulcanisé. Ces tubes.étaient mis en place au moyen de la canule d'un trocart courbe qui, pénétrant par la fistule , était poussée de bas en haut à l'intérieur de la bouche et permettait de passer les tubes élastiques, qui pendaient en manière d’anses au dehors de la bouche.

1. Classification de Cruveilhier. En réalité, il s’agissait d’une périehondrite avec nécrose des cartilages, comme on en observe souvent dans le laryngo-typhus.

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« En pratiquant l’introduction de ces tubes, on s’aperçut que la partie antérieure du cartilage thyroïde présentait une perte de substance assez considérable, et que la peau, cessant d’être soutenue dans ce point, se trouvait refoulée du côté de la cavité laryngienne pendant les efforts d’inspiration, qui n’étaient jamais plus énergiques qu’au moment où on essayait d’enlever la canule. Il y avait donc un double obstacle au passage de l’air à travers le larynx, puisque, d’une part, il y avait diminution du diamètre de cette cavité, et que, de l’autre, une valve cutanée mobile s’abaissait sur elle quand le malade était privé de sa canule.

« Le rétrécissement du larynx fut combattu par la dilatation au moyen des tubes élastiques, et la valvule cutanée fut fendue sur la ligne médiane dans toute sa hauteur.

« Le traitement de la dilatation a duré trois mois. »

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