‹ Les maîtres de l'Ecole de Paris dans la période préspécialistique des maladies du pharynx, du larynx et du nez. Tome IIChapitre 94 sur 117 · III. — DESAULT · texte numérisé non relu

III. — DESAULT

Desault, le clinicien sagace et l’opérateur B fcp jfp vjj^ habile, dont l’autorité prédomine sur la Chili:-;- ! '-^9 £j|H| rurgie française vers la fin du xvin e siècle et iSfe ././^êÈ^ÊË au commencement du xix e , s’est occupé à plummL sieurs reprises des affections des voies respira-

toires. 11 a fait connaître plusieurs cas 1 d’une ^S SÊÊÊÊk !^ affection fort rare jusqu’alors. Bichat, l’éditeur des œuvres chirurgicales de son maître, mentionne de la façon suivante ces faits curieux : « Les polypes du larynx , espèce d’excroissance assez rare, dont on cite cependant un exemple, ont été observés, deux fois par Desault, l’un sur un cadavre apporté à son amphithéâtre, l’autre sur un malade qui périt de suffocation, après en avoir été fréquemment menacé. Un troisième cas lui a été communiqué par un chirurgien de sa

« Dans les trois, la tumeur était de figure piriforme, ayant son pédicule inséré dans l’un des ventricules. Sentiment de gêne dans la partie ; respiration libre en certains moments, gênée dans d’autres, quelquefois imminent danger de suffocation né subitement dans une expiration, bientôt dissipé dans une inspiration. Poussées avec trop de force entre les bords dé la glotte, ces tumeurs s’y arrêtent, font périr le malade de suffocation, comme dans le cas observé par Desault, si l’inspiration ou un effort du malade ne les dégagent promptement. »

Cet auteur a eu surtout le mérite de se faire, après Habicot et Louis, un des plus ardents défenseurs, en France, de la trachéotomie ., qui suscita longtemps des peurs irréfléchies. Il distinguait (ÛE 'uvres chirurgicales, t. II, p.212) deux indications principales à cette opération :

1. Le premier est dû, comme on le sait, à Lieutaud. Son malade ayant présenté pendant sa vie de la cachexie, on le déclara atteint de phtisie laryngée et. depuis cet auteur, le polype laryngé fut longtemps regardé comme une des causes de cette affection.

LES MAÎTRES DE L’ÉCOLE DE PARIS

1° le rétablissement du passage de l’air ; .

2° l’extraction des corps étrangers des voies aériennes.

Dans la première classe, il admettait la submersion, cette sorte de traitement des noyés ayant été mis à la mode par les tentatives faites surtout en Angleterre. Il faisait aussi entrer en ligne de compte les sténoses qu’amène l’aplatissement du larynx ou de la trachée par une tumeur siégeant en avant ou sur les côtés du cou, parfois entre l’œsophage et les voies respiratoires, les rétrécissements organiques de ces dernières, les traumatismes, les inflammations effaçant la lumière de ces mêmes voies, notamment la carie des cartilages. Gomme Louis 4 , il insiste sur la nécessité d’opérer d’une façon précoce, si l’on veut s’assurer quelques chancés de succès.

Mais c’est surtout pour extraire des corps étrangers que Desault tentait l’opération.

Dans les Mémoires de l'Académie de chirurgie , tome IX, il a fort bien précisé quelle était la conduite à tenir en pareillé occurrence.

« Dans les cas, dit-il, où le corps étranger a pénétré dans le canal respiratoire par la glotte, on ne peut en faire l’extraction qu’en incisant ce conduit dans une étendue et dans un lieu convenables et subordonnés à la situation du corps étranger. Cette indication ést positive et pressante; l’opération par laquelle on la remplit est très simple et n’a rien de dangereux par ellemême. Mais le succès dépend de l’époque à laquelle on la pratique. Lorsqu’on y a eu recours de bonne heure, elle a constamment réussi ; lorsqu’on s’y est déterminé trop tard, elle n’a pas toujours empêché le malade de périr.

« La sortie de ce corps par les voies naturelles est un événement rare et sur lequel on ne doit pas compter. Tous les moyens qu’on a proposés dans ce but n’ont pas réussi et on en concevra aisément l’insuffisance, si l’on réfléchit qu’un corps étranger, engagé dans la trachée-artèré, ne pourrait sortir par la glotte qu’autant qu’il serait repoussé par l’action de l’air intérieur par un mouvement d’expiration, de façon à écarter les bords de cette ouverture; il faudrait aussi qu’il s’y présentât précisément dans la disposition la plus favorable à sa sortie, ce qu’on ne peut espérer des mouvements qu’excitent l’éternuement et le vomissement.

« Parmi les objections qu’on a faites contre cette opération, celle qui pourrait peut-être encore arrêter les praticiens timides,

1. Le secrétaire de l’ancienne Académie de chirurgie, au xvin? siècle.

Page 1