V. — LARREY
Dans ses mémoires chirurgicaux, Larrey qui avait été en bonne situation pour observer, dans ses longues campagnes, des traumatismes de toute sorte, a assez bien étudié, à propos des plaies du cou, celles du larynx par instruments piquants, tranchants, contondants, par armes à feu avec ou sans complications immédiates ou consécutives. C’est lui qui a rapporté l’observation célèbre d’une balle qui pénétra dans le cou de Murat, le futur roi de Naples et lui coupa l'épiglotte ; cependant l’illustre blessé guérit parfaitement bien et continua à avaler sans accidents asphyxiques.
L’auteur est revenu à plusieurs reprises sur la nécessité de faire la trachéotomie dans les occurrences des plus diverses ; cette opération lui paraissait parfaitement bien réglée et capable de sauver les malades dont la situation était, pour ainsi dire, désespérée.
Nous citerons, à ce point de vue, une observation intéressante de laryngite spécifique grave, ou l’ouverture de la trachée prévint une asphyxie tout à fait menaçante. « Un soldat du 37 e de ligne, de bonne constitution, fut affecté, en 1842, avant son entrée au service, d’une maladie syphilitique caractérisée par un chancre à la verge, pour lequel il subit un traitement mercuriel qui parut le guérir complètement; mais, depuis cette époque, le malade fut sujet aux maux de gorge.
« En 1848, angine pharyngée qui céda à la médication ordinaire; même affection en 1849, qui se complique d'ulcération du voile du palais, aux amygdales et au pharynx; la guérison se fit encore. En 1850, nouveaux symptômes d’angine et plus intenses.
1. Bien que Larrey ait été un médecin militaire et qu’il n’ait professé qu’au Val-de-Grâce, sa haute situation scientifique, son séjour à Paris où il était membre très actif de l’Académie de médecine, en font en réalité un maître de l’école parisienne, très respecté et très écouté.