‹ Les maîtres de l'estampe japonaiseChapitre 12 sur 102 · Gf. G. 1,83 et · texte numérisé non relu

Gf. G. 1,83 et

enfoncées dans le bec qui crie * ; tel aigle, les plumes hérissées sur le cou , courtes et imbriquées sur le dos, lisses et longues vers la queue, fouillant le poil d'un singe qu'il va étriper de son bec " : toutes ces bêtes de proie sont vraiment les compagnons des guerriers, avec leurs armures laquées, aux plaques mobiles, leurs carquois de flèches empennées, leurs serres et leurs becs de fer, leurs yeux dilatés et cruels. Et frères aussi de ces guerriers, de ces tueurs de monstres, de ces oiseaux de proie, voici les acteurs , au masque dur , aux violentes gesticulations , s'exerçant à l iyai miiki, qui est l'art de sortir du fourreau, d'un seul geste, un sabre démesuré, aiguisant une pointe de flèche, piétinant un ennemi qui gémit ^, et aussi les héros puissants des albums erotiques', et plus tard les formidables lutteurs...

Sur ces estampes primitives, l'acteur ne se distingue pas du rôle, comme il arrivera plus tard chez Shunsho et surtout chez Sharaku ; il participe encore à la dignité du personnage qu'il incarne ; point de fissure entre son propre visage et le masque qu'il se donne ; nulle intention de caricature ou de satire comme en ces silhouettes de Sharaku où le cabotin, pitoyable ganache, parait défaillir et couler dans le vêtement trop ample de son surhumain personnage. Il

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