Cf. II
2. Cf. H, 160 et 211. Le n° 15 du Hijalaininn-isshii est une poésie sur ce parangon de piété filiale. Au temps de Harunobu, 1 influence chinoise est très forte sur les hautes classes au Japon.
3. Cf. C. II, 16 Ce thème a été souvent repris parles artistes de l'Ecole populaire : Shunsho, par exemple. — Citons encore comme allusions à l'histoire ou à la légende chinoises : C. ii, 203. Une jeune femme représente Kikujido, jeune Chinois, favori de l'Empereur Muh ^Yang II est banni de la Cour ; l'Empereur lui enseigne avant son départ une sentence du Bouddha, qu'il a l'apportée de l'Inde et qui doit assurer salut
Et ce sont des allusions aux héros du Japon. Une dame dissimulée derrière un sho-ji attire à elle un cavalier : c'est rentrée, dans la chambre de Jorurihimé, de Minamoto no Ushiwakaraaru, que Moronobu, Kiyonaga et Outamaro représentent ailleurs en donneur de sérénade ; un jeune homme maintient le bois d'un arc dont deux jeunes filles essayent en vain de tendre la corde : c'est 1 arc fameux dont Minamoto no Tamétomo se servait à Onigashima et que trois hommes pouvaient à peine bander \ Parfois, ce sont des allusions à des scènes édifiantes : une jeune femme regarde une grenouille qui saute vers une branche de saule. On pense, d abord, devant cette estampe, que la gi-enouille saute pour respirer un peu, par souvenir d'un hakkaï fameux de la fin du xvii^ siècle : « La saison où l'étang devient chaud à en juger par toutes les têtes de poissons », ou bien que ce saut brusque attire lattention de la belle sur le silence de 1 eau stagnante qu'il vient de rompre et, par analogie, sur l'idée de méditation, comme dans cet autre hakkaï célèbre : « le vieil étang... et le bruit d une grenouille sautant dans 1 eau » ; mais ici l'allusion est encore plus précise : la jeune femme figure Ono no Tofu, un des trois calligraphes célèbres du Japon, en un épisode fameux de sa vie, au x" siècle : n'ayant pas obtenu le rang qu'il espérait à la Cour, il allait se retirer quand il vit une grenouille qui se reprenait jusqu'à sept fois
et longue vie. Kikujido, par peur d oublier les caractères sacrés, les peint, dans sa retraite, sur des pétales de chrysanthèmes ; la rosée, qui les efface chaque matin, se transforme en eau d éternelle jeunesse. Un nô a repris cette légende : 800 ans plus tard, un Empereur dépêche un envoj'é pour recueillir cette eau ; l'envo^'é trouve près de la source l'esprit de Kikujido. — Cf. aussi n, 245, Trois dames de la Cour, deux .Japonaises et une Chinoise, auprès dune grande jarre de saké. C est Lao Tsé, Bouddha et Confueius qui expriment par leur jeux de physionomie que chacun trouve à la liqueur un goiît différent : la vérité est une et peut apparaître sous des aspects variés. Confueius et Bouddha sentent lâcreté et Tamei-tume de la vie, dont Lao-Tsé ne remarque que la douceur.