‹ Les maîtres de l'estampe japonaiseChapitre 31 sur 102 · Cf. C. II, 83 et · texte numérisé non relu

Cf. C. II, 83 et

HARUNOBU 95

pour atteindre la branche qu'elle convoitait. Il persévéra, obtint le poste et devint ministre de deux Empereurs \ Ailleurs, une jeune femme court pieds nus sur un brise-lames pour rapporter à un jeune homme, cavalier arrêté au milieu d'un ponceau, l'éventail qu'il a jeté dans l'eau ; on ne pense qu'au charme de la scène, à l'élan de la jeune femme, à son exquis geste d'offrande que l'arbre semble accompagner de ses branches : or c'est une transposition populaire d'une scène fameuse où, Kosékiko ayant jeté sa sandale dans une rivière, Choryo y plongea par trois fois pour repêcher la chaussure et en récompense reçut les secrets de la tactique-.

L'héroïne dHarunobu, s affranchissant des lois de la pesanteur, se prête à de fantastiques déformations : la voici en Rokuro kubi, femme dont la tête, pendant son sommeil, s'allongeant au bout d'un cou filiforme, va regarder par dessus un paravent ' ; la voici en jeune fantôme apparaissant dans la fumée d'un bâton d'encens, par allusion à la belle Muira Yatakao qui, étant morte pour ne pas céder au daïmyo de Sendaï, apparut ainsi à son amant le rônin Shimada Jusaburo * ; la voici en ange bouddhique, une flûte à la main, assise entre les ailes d'un oiseau qui vole vers un paulownia en fleurs, et en sennin sur le dos dune oie sauvage en plein vol ^ Et puis elle sait se mettre dans les bonnes gTàces des dieux : pleut-il, elle se fait porter par Shoki, abriter par Daruma. Avec le même Daruma, ascète grave et docile, elle marche sur les flots, Taccompagne en barque, où, pour lui

Page 1