‹ Les maîtres de l'estampe japonaiseChapitre 32 sur 102 · Cf. C. II · texte numérisé non relu

Cf. C. II

plaire, il épile son visage broussailleux au miroir de Fonde. N'est-il près d'elle qu'en peinture, il suffit quelle lui présente sa pipe pour qu'il s'anime, et, sur une autre estampe, le gros Hotei, un des sept dieux du bonheur, n"y tenant plus, s'élance du kakémono où il a laissé son sac d'abondance, et, roulant sur son ventre, s'approche pour caresser la belle qui sommeille \

Il est vrai qu outre sa jeunesse et sa beauté elle a pour attirer les dieux une honnête piété et une solide superstition : elle monte aux temples shintoïstes tenant à la main les baguettes divinatoires par lesquelles elle apprendra la volonté des Kami', et, pour savoir si Bouddha exaucera ses désirs,* elle s'élance de la plate-forme du temple de Kiyomizu cramponnée à son ombrelle ouverte. Si Bouddha lui est favorable, elle arrivera saine et sauve sur le sol du vallon, sinon... ; mais Bouddha lui sera certainement favorable. Sur la foi dune vieille légende, elle jette du mont Atago dans la vallée des coupes à saké en terre où son nom est inscrit ; si elles ne se cassent pas, elle réussira dans ses entreprises amoureuses... Il est vrai que si elle échoue, elle naura, à l'imitation de Ushi no Toki Maïré, la femme jalouse, qu'à gagner un temple shintoïste, vers deux heures du matin, à l'heure du bœuf, et, là, qu à planter un long clou dans le tronc d'un cèdre, pour que son amant envoûté languisse ou meure ^

Même quand elle contemple, le plus simplement du monde, le paysage où elle trotte avec lincohérence et la surprise d'un enfant lâché dans un grand jardin, il faut chercher dans Tattitude de cette petite un souvenir. Regarde-t-elle un cerisier en fleurs ou bien la cascade Otawa dans la cour du

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