‹ Les maîtres de l'estampe japonaiseChapitre 39 sur 102 · L. Aubert. L' Estampe japoiiaise · texte numérisé non relu

L. Aubert. L' Estampe japoiiaise

sont serrées ; de l'autre, les commissures se décollent, baveuses : — un tel déséquilibre inquiète comme des propos incohérents et exaltés. Têtes emmanchées de longs nez et qui ressemblent aux Tengu, aux farfadets prétentieux et stupides, dont le théâtre japonais se moque ; têtes enfarinées de Pierrots déniaisés, qui font peur tant eux-mêmes ont peur, lâches matamores qui, la main sur le sabre, jurent à pleine voix en renâclant, — combien différents de notre Pierrot familier, de ce bon diable de Pierrot montmartrois, grandiloquent, mais inoffensif, et surtout de ce bon petit naïf de Pierrot fils, à qui, sur les panneaux de Willette, de gais croque-morts font avaler un doigt de vin, après le service, convoi et enterrement de son digne père !

Les Primitifs avaient peint surtout des personnages légendaires ; Shunsho, lui, s'était surtout intéressé à tel ou tel acteur dans des rôles de dieux, de moines, de guerriers, de fantômes, àotokodale ou de rônin... Sharaku représente encore à T occasion quelques figures du répertoire aristocratique : jardiniers du palais impérial, dignitaires de la cour' ; mais ses modèles préférés, ce sont des héros de faitsdivers. Voyez sa série d illustrations du drame populaire des Rônin " : tous, dans leurs attitudes cauteleuses et féroces de fauves qui guettent leur proie, peuvent être identifiés, et aussi les figures de femmes mêlées épisodiquement au drame : la courtisane Okaru ; Oishi, 1 épouse du chef; Kouami, la fiancée de son fils; Kaoyo-gozen et Tonasé, femmes de deux autres compagnons '\ Et sans doute les expressions des physionomies sont schématisées et amplifiées comme sur ces masques de nô que Sharaku avait peut-être portés

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