PI. XX
continu pour en préciser les contours : le corps s'affine, s'élance, la tête est moins enfoncée dans les épaules, les mains, les pieds gi'andissent .. Après un siècle de tâtonnements, le rêve de cette race aux pattes courtes, de face large, de nez camus, prend sa forme achevée chez l'élégante de Kij'onaga, au corps long, au visage ovale, aux membres déliés. Désormais, elle sera la sœur aînée que toutes les cadettes admireront : c'est à la femme de Kij'onaga, entre toutes les héroïnes des estampes, que ressemblent encore aujourd hui les plus fêtées des geisha. Les Grecs aussi, race à la tête forte, au corps trapu, ont toujours rêvé de femmes minces et gaiement parées : xa),rî 'zt tj.cyaA-/) ts xal àyXaa soya l^j^a', dit Homère en vantant les femmes syriennes, et Xénoplîon, dans VAnabase, nous montre, au lendemain de Cunaxa, ses soldats qui hésitent entre la Grèce à revoir et les belles et grandes filles de Syrie à quitter : y.y.ly.lç xal it.try.ly.'.:; yjva'.;l xal -apBivo'.; oa'Aslv" : c'est la femme de haute et fine taille, à la tête petite, que les peintres grecs ont dessinée sur les vases, que les coroplastes ont modelée.
« Plantes toujours vertes », « fleurs des maisons vertes >% disent Sukénobu et Outamaro de leurs modèles : la femme, longue, souple et onduleuse, pour la première fois a jailli, à sa vraie taille, dans l'imagination de Kiyonaga. Cette grande fleur, Shuntcho, Yeishi, Outamaro la cultiveront; mais à force d'en amincir la tige, ils lexténueront, la dessécheront : elle perdra de sa sève ; elle n'aura plus ce jet souverain ; chlorotique, elle penchera et s'étiolera. C'est une plante saine et de plein air chez Kiyonaga.
L'harmonie est encore parfaite au Japon d aujourd hui entre les paysages et les figures de femmes, dont les costumes et les poses commentent si heureusement les formes des