‹ Les maîtres de l'estampe japonaiseChapitre 51 sur 102 · V. pi. XVII · texte numérisé non relu

V. pi. XVII

2. Sur ce point, M. Edmond Pottier a présenté des obsei'\'ations intéressantes dans un article de la Gazette des Beaux-Arts, 1890, t. iv, et dans son Catalogue des Vases antiques de terre cuite, !"> partie. — Cf., du même auteur, Douris et les Peintres de vases grecs.

chent à la traduire en quelques touches essentielles qu'ils veulent hardies, élégantes, décisives : ce sontdes dessinateurs calligraphes. Chez Euphronios, comme chezKiyonaga, même épuration des lignes, et même insistance à souligner les silhouettes des corps, les plis des draperies. Les Grecs, quand le vase encore cru était presque sec, repassaient avec une pointe sur certains traits, afin de mieux sertir la composition. De même, le pinceau des Japonais appuie sur certaines touches qu ils jugent importantes. Enfin, pour faire saillir la beauté des contours de leurs figures. Grecs et Japonais les ont teintées de couleurs posées à plat', sans ce modelé par lumières et par ombres qui enveloppe et noie la ligne, au profit du relief.

Peintres de vases en Grèce, peintres d'estampes au Japon ne voient dans la figure humaine que prétexte à décor ; ils ne se soucient pas de varier l'expression des physionomies et se tiennent à un type très général qu'ils ont tendance à allonger. Naturellement, ce type humain varie de race à race : chez le Grec, c est 1 éphèbe souriant ou 1 homme barbu, la déesse ou la courtisane, au nez droit prolongeant le front, aux yeux fendus et bien ouverts, aux longs pieds, aux longues mains ; chez le Japonais, c'est le cavalier ou la courtisane, au nez busqué, aux yeux bridés, aux mains et aux pieds très petits. Toute la vie est dans les attitudes : Grecs et Japonais savent opposer les mouvements d un corps, soulever une épaule quand lautre s'abaisse, raidir un bras ou une jambe quand l'autre ploie, incliner une tête, faire hancher un torse, comme ils savent « mettre en page » une composition, en équilibrer les groupes, y balancer les pleins et les creux, y résumer un paysage en un sarment de vigne ou une palme sur un vase, une branche de cerisier sur une estampe. Aussi la scène se lit-elle clairement, tant elle est habilement abrégée,

1. Même recherche du beau noir, franc, épais, dans les vases grecs et dans les estampes japonaises.

LA PROMENADE AU BORD DE LA SUMIDA Collection Camondo.

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