V. pi. XL, le Kinota
le son du kinota, que de loin le vent apporte à travers la nuit, semble arriver de mon village natal. » Cette poésie, la race entière la connaît : il suffit de représenter une femme battant du chanvre un soir, et un étranger aux écoutes, pour que l'on comprenne que son rêve, suivant les oiseaux qui à tire d'ailes passent devant la lune, s'envole vers un regret.
Une estampe de la série des Cent Poésies représente le retour à l automne de paysannes, la fourche sur l'épaule. Elles se tournent vers la crête d'une colline où se détache la silhouette d'un couple de cerfs entre des érables rouges*. C'est qu'une poésie de Saroumarou (viii* siècle) a dit : « Triste est l'automne, au bramement du cerf, qui gratte du pied et disperse les feuilles d'érable, dans la montagne. » Alors ces femmes pensent à ceux qui les désirent.
Toutes les poésies qu'a illustrées Hokusaï sont nimbées de mélancolie : désir d amour ; regret du pays natal si fréquent chez ces visuels dont le patriotisme est fait surtout de l'adoration de leurs îles ; pitié pour les humbles - ; tristesse de la fuite des saisons, du retour de l'aurore où les amants se séparent, culte fervent de la nature.
L'instant où le souvenir d'une de ces émotions classiques surprend et envahit l errant : voilà le vrai sujet de l'estampe. Et ces vieux thèmes, Hokusaï les rajeunit en les évoquant dans des sites reconnaissables du Japon, devant des personnages qui sont ses contemporains et qui sont du peuple. Veut-il illustrer la poésie célèbre de l'impératrice Sito, « Le