‹ Les maîtres de l'estampe japonaiseChapitre 97 sur 102 · Millet, par Paul Leprieur · texte numérisé non relu

Millet, par Paul Leprieur

l'estampe japonaise et la peinture occidentale 247

carrière quand survint cette influence exotique, qui fut plus profonde sur des artistes plus jeunes, sur Whistler et Degas qui de 1860 à 1865 commençaient leur œuvre, sur M. Monet à partir de 1866, et sur Toulouse-Lautrec quelque vingtcinq ans plus tard.

Alors, l'exemple de Courbet, dont l'Enterrement à Ornans et les Casseurs de pierres sont de 1850 ; l'exemple de Manet, dont la Musique aux Tuileries et le Déjeuner sur Iberbe sont de 1861 et de 1863, et les exhortations des littérateurs poussaient les peintres vers la vie moderne. En 1856, Duranty écrivait ' : « En littérature, on s'est jeté sur l'homme moderne, l'homme laid, selon Messieurs les artistes ; le réalisme est arrivé, demandant place pour le spectacle universel, et il a envoyé promener les Adonis et les Quasimodos romantiques ; alors les vrais ouvriers, les vrais paysans, les vrais bourgeois dans leur étroitesse, tout a été peint; être, c'est être beau, comme spectacle, comme objet de contemplation, puisqu'on intéresse. Pourquoi les peintres n'ont-ils pas suivi la littérature ou n'ont-ils adopté que les extravagances romantiques? L'intelligence large accepte, étudie le monde entier et jouit d'assister à son mouvement. S'il vous faut des synthèses, la comédie humaine vous en fournira assez. » Et le 13 février 1874, Edmond de Concourt, qui avait publié Manette Salomon en 1866, notait dans son Journal " : « Hier j'ai passé mon après-midi dans Tatelier d'un peintre nommé Degas. Après beaucoup de tentatives, d'essais, de pointes poussées dans tous les sens, il s'est énamouré du moderne, et, dans le moderne, il a jeté son dévolu sur les blanchis-

1. Cité par p. A. Lemoîsne dans son volume sur Degas, répertoire commode de 48 planches, accompagnées d'un bref commentaire.

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