Id., ibid
3. « Je viens de relire votre œuvre entière, et dix fois, en sentant revivre aussi fraîches qu'au premier jour les joies d'art que je vous ai dues jadis, en songeant à ce que vous valez, et à ce que valent ceux qui ne vous [aiment pas,
contre ceux qui lui paraissaient mettre en péril les plus graves intérêts du pays; il fut l'un des plus ardents promoteurs et organisateurs de la Ligue de la Patrie française; et s'il ne l'a peut-être pas inventé, c'est lui qui, plus que personne, a fait la fortune du mot nationalisme.
Un nationaliste, c'est d'abord essentiellement un homme qui rapporte tout à la France, et qui juge de tout, même de la vérité abstraite et métaphysique, en fonction de l'intérêt français. « L'assertion qu'une chose est bonne ou vraie a toujours besoin d'être précisée par une réponse à cette question : Par rapport à quoi cette chose est-elle bonne ou vraie? Autrement, c'est comme si l'on n'avait rien dit ^. » Et, d'autre part, « un nationaliste, c'est un Français qui a pris conscience de sa formation. Nationalisme est acceptation d'un déterminisme ^ » « Pour moi, messieurs, s'écriait un jour M. Maurice Barrés, dans une conférence célèbre, dévoyé par ma culture universitaire, qui ne parlait que de l'Homme et de l'Humanité, il me semble que je me serais avec tant d'autres agité dans l'anarchie, si certains sentiments de vénération n'avaient averti et fixé mon cœur. » Un jour, à Metz, au cimetière de Chambiére, en face du monument élevé à la mémoire de sept mille deux cents soldats français morts aux ambulances de 1870, il a eu la révélation de la solidarité inéluc-
j'ai eu la tentation de me taire... (Lucien Herr, A M. Maurice Barrés, Revue blanche, janvier-avril 1898, p. 241).
1. La Terre et les Morts {Sur quelles réalités fonder la conscience française), Paris, Bureaux de la Patrie Française, 1899, p. 12.