‹ Les maîtres de l'heure: Maurice BarresChapitre 18 sur 45 · Scènes et doctrines, p · texte numérisé non relu

Scènes et doctrines, p

table qui le rattache à tous ces morts, à la terre, aux traditions qu'ils défendaient. « A Chambière, devant un sable mêlé de nos morts, par un mouvement invincible de vénération, notre cœur convainc notre raison des grandes destinées de la France et nous impose à tous l'unité morale. »

Cette voix des ancêtres, cette leçon de la terre que Metz sait si bien nous faire entendre, rien ne vaut davantage pour former la conscience d'un peuple. La terre nous donne une discipline, et nous sommes les prolongements des ancêtres. Voilà sur quelles réalités nous devons nous fonder.

Que serait donc un homme à. ses propres yeux, s'il ne représentait que soi-même? Quand chacun de nous tourne la tête sur son épaule, il voit une suite indéfinie de mystères, dont les âges les plus récents s'appellent la France. Nous sommes le produit d'une collectivité qui parle en nous. Que l'influence des ancêtres soit permanente, et les fils seront énergiques et droits, la nation une *.

Appuyé sur ce fondement solide, M. Barrés espérait rallier à sa doctrine tous les éléments sains de la communauté française. « La Patrie française, disait-il, liera partie avec les patriotes de Déroulède, avec les régionalistes, et avec tous ceux, catholiques ou positivistes, qui veulent une discipline sociale. » Les circonstances, de profondes divergences politiques entre les hommes firent avorter ce mouvement. Ceux-là mêmes qui eussent été tentés naguère de le condamner le plus sévèrement doivent reconnaître aujourd'hui, après l'expérience que nous avons faite de la volonté de guerre allemande, que ces

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