‹ Les maîtres de l'heure: Maurice BarresChapitre 23 sur 45 · Au service de l'Allemagne, p · texte numérisé non relu

Au service de l'Allemagne, p

notations psychologiques, une action vive et continue; quelque chose de net et de souple, de direct et de vigoureusement ramassé qui rappelle les meilleures nouvelles de Mérimée; une forme dépouillée, rapide, incisive; une sobriété un peu hautaine, mais puissamment suggestive. Cela est d'un très grand art, fort et fin tout ensemble, et qui s'accorde admirablement avec la donnée morale du sujet traité. Nous voilà assez loin du romantisme d'inspiration et d'expression que l'on pouvait reprocher encore à l'auteur des Déracinés et de la Mort de Venise. Il s'est « romanisé » lui aussi. « Comment ne seraisje point prêt, écrivait-il naguère, à tous les sacrifices pour la protection de ce classicisme qui fait mon épine dorsale^? » Sans rien répudier de ses heureuses acquisitions antérieures, ces sacrifices, il a eu le courage de les accomplir. Il s'est modelé sur son héros. Il a accepté une discipline intérieure. Il a voulu faire sentir à tous ses lecteurs, fussent-ils Allemands, la supériorité ordonnatrice du génie latin. Son œuvre est devenue l'un de nos « bastions de l'Est ».

Quelques années après, il la poursuivait et la complétait en publiant un second « épisode », Colette Baudoche, Histoire d'une Jeune fille de Metz. « Colette Baudoche, nous dit l'auteur, est la sœur de l'Alsacien Ehrmann. L'un et l'autre, j'ai essayé de les présenter avec les mots les plus unis et sans aucun artifice, pour ne pas diminuer devant le lecteur une position d'un romanesque si vrai. » Ce désir tout classique de simplicité n'a-t-il pas, ici, conduit

Page 1