Les Saints de la France, p
Victor Girxud. — Maurice Barrés. 9
la Prusse a corrompu l'Allemagne; elle a gâté ses dons les plus précieux. « Guérissons des malades.... Le Rhin est un vieux dieu loyal. Quand il aura reçu des instructions, il montera très bien la garde pour notre compte et fera une barrière excellente à la Germanie. Vous verrez, nous nous assoirons comme des maîtres amicaux sur la rive du fleuve, et nous ranimerons ce que la Prusse a dénaturé et dégradé, mais qui était bien beau. Nous libérerons le génie de l'Allemagne qu'ont aimé follement nos pères ^. » En attendant le salutaire démenbrement de l'unité allemande, il faut battre le HohenzoUern. A cette suprême croisade, la France a convié le monde qui, de proche en proche, a répondu à son appel. C'est l'Angleterre qui, la première des grandes puissances non alliées, s'est vaillamment rangée à nos côtés. Elle a fait pour nous secourir, — et pour se secourir elle-même, — un magnifique effort dont jamais l'Allemagne ne l'aurait crue capable. Cet effort, à deux reprises, en 1915 et en 1916, M. Barrés est allé s'en rendre compte sur place, une première fois dans une visite à l'armée anglaise, puis dans un voyage en Angleterre ^. Il a vu défiler sous le ciel brumeux des Flandres, toutes les races amies de la France, Canadiens des lacs, spahis. Indiens du Nopal, Sikhs et Gourkas; il a admiré l'extraordinaire bariolage de ces troupes exotiques venues librement au secours de la puissance anglaise, et il a eu pour « l'amitié canadienne » les paroles de prédilection