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Le Génie du Rhin, p. xii-xiii

FACE A l'action. 151

rituel et social qui les détourne à tout jamais du germanisme de Berlin et qui les amène à rentrer en contact plus étroit avec la culture latine, avec notre esprit occidental. »

Certes, c'est là une noble mission, et M. Barrés, qui nous l'expose avec une chaleur persuasive, a bien raison de penser qu'elle n'est pas au-dessus des forces de la France. Mais peut-être sa thèse pourrait-elle soulever une objection préalable plus décisive que toutes celles que l'écrivain, dans sa Préface, a fort ingénieusement réfutées. Assurément l'influence française a laissé en pays rhénan des traces profondes et durables. Mais en 1792, la Rhénanie n'avait pas, un demi-siècle durant, fait encore partie d'un puissant Empire allemand; elle n'en avait point partagé les multiples bénéfices. De ces bénéfices n'aura-t-elle point désormais l'obsédante nostalgie, et, en dépit de toute notre activité de propagande, ne rêvera-t-elle pas éternellement d'un retour à sa profitable servitude? D'autre part, l'Allemand, même Rhénan, semble ainsi fait, qu'il a le culte de la force, et que la force spirituelle ne s'impose à lui que si elle s'accompagne de la force politique et militaire. Or, c'est ce qui a eu lieu de 1792 à 1815, et, de là, la persistance et la profondeur de notre influence; mais c'est ce que l'on ne reverra plus, de par la volonté de nos alliés anglo-saxons; et quand, dans quinze ans, nos troupes auront quitté le Rhin, que restera-t-il sur la rive gauche de notre action nationale? Dans ces conditions, les forces d'expansion de la France étant nécessairement

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