Corneille, etc., p
2. Quomodo Cornélius noster, etc., p. 47. — M. Jules Lematlre a écrit plus lard, pour la grande Histoire de la littérature française dirigée par feu l^elit de Jullcville (A. ('oliri, éditeur), une étude sur Corneille, (jui est un bien rcmar([uable morceau de fine et exacte critique et d'ingénieuse humanité.
3. Par exemple sur la philosophie de Molière (p. 22-2.3), sur ce qui mamiue à son théâtre (p. 20-27); sur l'anticléricalisme de notre grand comi(pie (|). 30-37). sur la Fable (p. 79); sur les différentes, sortes d'épicurisme (p. 8d-S0), etc.
sa plume, les portraits lestement enlevés, les vives et perçantes formules, les définitions heureuses abondent. L'Elmire de Molière, «cette Dalila honnête », nous dira-t-il. Sur l'Ésope de Boursault : « Cet Ésope n'est plus un homme, c'est une machine à moraliser. » Sur Regnard : " Regnard mourut d'indigestion. Cela peut arriver à tout le monde ; mais il en est pour qui cette fin paraît logique. » u Confrérie bien endentée et peu pensante », voici, en deux mots, croquée toute une classe d'épicuriens. Sur les ingénuités d'Agnès : « Trait d'innocence en deçà de la rampe, polissonnerie au delà. » Sur un personnage de Dancourt : « C'est comme qui dirait un René de la Régence, c'est-à-dire non encore tourmenté par l'infini, et peu sensible aux clairs de lune. » Senlez-vous, à tous ces traits, un esprit très libre et très ouvert, non s<*ulement aux livres, mais à la vie, un esprit nullement livresque, pour tout dire, et qui, déjà, a fait le tour de bien des choses? Avec cela, il est modeste, et s'il s'aventure aux idées générales, il veut d'abord n'en être point dupe : « Il est trop facile, sans doute, d'interpréter l'histoire après coup, et les choses se seraient passées autrement (|u'on les expliquerait encore; on croit voir pourtant '.... » Et enfin, parmi tant de pages brillantes ou charmantes 2, et dont la moindre décèle l'écrivain de race, comm«*nt ne pas citer ces lignrs finales, où le ginM ilécidé des « colcanv niod/Tés > trnu'^pMi'idt diiuf iii;mi«''it' si curieuse?
N'est-ce pas d'ailleurs une bonne action do reehercherdans lo passé ces écrirains parfois si « intelliiji'nts ^ du second ordrt^ ceux qui sont presque oïdiliés, dont on ne sait plus que le nom, qui ne peuvent espérer d'être lus du (jrnnd mwiltre. et pour qui un leclour consriencitMix et «pii va jiistiu'au houl e>l une rare fortune? Nous sentons qu'ils nous doivent quelque chose, qu'ils nous savent bon gré de ranimer un instant leur immortalité
1. La Comédie aprh Moli,W, p. 12.1. 1.1». 1."». 72. 85. 8«. Ml. 231. 212.
2. Par oxempli*, sur In porsu* dp 1.» coint'ilii» mylht> p. 20S- 200), sur la pliilos*>phir (!«• la roinnlii' U.ilii*nno jp. . sur la psychologie de IVpoquo do Dancourl (p. 230-231), cU-.
incertaine; et que, s'ils ont pu rêver mieux de leur vivant, plus modestes après leur mort, ils sont tout heureux que leur œuvre terrestre leur fasse encore, après un siècle doubli grandissant, ne iùt-ce qu'un ami^
Évidemment, l'iiomme qui écrit ainsi a, je ne dis pas mieux, mais autre cliosc à faire qu'à fabriquer des bacheliers, bien qu'il ait déclaré « ce métier fort amusant- ». En 1880, il avait quitté l'enseignement secondaire pour l'enseignement supérieur, celui qui ressemble, ou devrait ressembler le plus au métier d'homme de lettres. Mais il n'v a pas, ou presque pas, en France d'enseignement supérieur : nos Facultés ne sont plus que des usines où maîtres et élèves se préparent à ce baccalauréat à peine perfectionné qui s'appelle l'agrégation. On peut se lasser de cet exercice, surtout quand on a « écrit dans les jpurnaux », et qu'on a pris goût à cela. Après quatre annnées d'enseignement de la littérature française à lÉcole supérieure des Lettres d'Alger, à la Faculté des Lettres de Besançon, puis à celle de Grenoble, un beau jour de l'an de grâce 1884, M. Jules LcmaUre dénouait doucement au bord d'un fossé la longue toge universitaire. Quelques mois après, on apprenait t)ar l'article sur Renan qu'il était venu à Paris. Et l'année ne s'était point écoulée qu'il succédait à J.-J. Weiss comme chroniqueur dramatique au Journal des Débals.
Apres huit jours de soleil, voilà le froid revenu, un froid dur, brutal, noir. ?sos raisins ne mûriront pas. Je n'ai rencontré ce matin, dans la campagne, que des figures tristes. Brr... je vais me chauffer à la cuisine, — aujourd'hui, 17 août.