‹ Les maitres de l'heureChapitre 106 sur 122 · liadicul (iu '2 jiuit tUUi · texte numérisé non relu

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2. Vt\v«v. dans la Htvuc dfs Dfux Mondes du 15 ii(ivonil)ro 1908 et du 15 jnillt't I1M2, sur l'Ilf drs Pinijouinx ri /«•.< Dirur ont soi/, \v9 nrlirlos do M. Douinir. «>l. dans la Htvur hfbitonuutairc du 2"l mars 1UI2, celui di* M. Andro Cliauincix »ur M. Anatole France et l'Histoire,

pour tout dire, c'est manifester une certaine impuissance foncière à embrasser dans toute sa grandeur un grand événement historique. Jai peur que l'examen de la Vie de Jeanne d'Arc ne nous conduise à la même conclusion.

Car M. France, on le sait, a voulu, comme son maître Renan, écrire sa Vie de Jésus, et il s'est fait, sur le tard, l'historien de Jeanne d'Arc. J'ai tort d'ailleurs de dire : sur le tard, car si le livre n'a vu le jour qu'en 1908, il était préparé et commencé de longue date. De tout temps l'auteur de Thaïs a été attiré par la glorieuse et sainte figure de la 'Pucelle, et, dans ses chroniques de la Vie à Paris ou de la Vie littéraire, toutes les fois que l'occasion se présentait de parler d'elle, il la saisissait avec empressement. Il y a près de trente ans, il écrivait déjà :

Une messe a été célébrée à Notre-Dame des Victoires, le lundi r30 mai 1886, pour le 455° anniversaire de la mort de Jeanne d'Arc. La religion honore cette sainte; la patrie et l'humanité ilui doivent les plus pieux hommages. Elle nous a rendu notre patrie et elle a montré au monde ce que peut l'amour. Je ne ipuis me défendre de contempler un moment avec vous cette telle mémoire. On vous dit qu'il y a deux Fronces, l'ancienne et Ha nouvelle; que celle-ci est bonne et que C autre était mauvaise. Ne le croyez pas. Il n'y en a qu'une. Elle s'est développée; elle n'a point changé de nature. L'àme de la vieille France était charmante : elle s'est incarnée dans une bergère, et l'on a vu alors l'être le plus doux, le plus ingénu, le plus fin, le plus généreux qui ait vécu sur le terre. Jeanne était, de son temps, la meilleure créature qu'il y eût en France, mais tout le monde lui ressemblait dans le royaume. Et elle était la pensée de tous; elle portait en elle le génie de tous. C'est pourquoi elle fut obéie et suivie^.

Il est peut-être regrettable que l'ingénieux écrivain n'ait point achevé et publié sa Jeanne d'Arc au temps où il

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