Id., 1" série
il/. JULES LE MAITRE. i^r,
nient. On lut avec passion ces « feuilletons de moraliste » : le mot est de qu(»lqu'nn (jui s'y connaît bien, de M. Kmile l'aLTuet '. Moraliste en elTet, M. Jules Lemaîlre Irtait dans tonfes les acceptions du terme : car il ne se contentait pas (!<' rechercher la vérité nu)rale au théâtre, et de comparer le théidre avec la vie; il méditait sur le tli('àlre comme il eût médité sur la vie elle-même. Il s'ex|)liquait sur la valeur morale des personnages liilifs qu'on lui mettait sous les yeux; il discutait abondamment les cas de conscience où ils se trouvaient engagés, et quand le problème était mal posé, ou quand les personnages, trop inconsistants. lui paraissaient trop irréels, oubliant le théâtre, il se laissait volontiers all<'r à refaire la pièce comme elle aurait ilû se jouer jlans la vie de tous les jours. VA c'est ainsi que les desiderata du moraliste éveillaient tout naturellement en lui la vocation de dramaturge et reidraînaient peu ;\ peu h ce rôle.
Avant de le suivre dans cette nouvelle carrière, essavons d'envisager l'ensemble de son œuvre critique, et d'en dégager les tendances essentielles, les idées maîtresses auxquelles il s'est le |dus constamment tenu. .Ne nous lais* sons j)as |)rend!"e aux airs de scepticisme détaché qu'il an'eclait très vnjoidiiM'S, surtout à ses débuts : il jetait sa gourme, et, <i universitain* libéré », mais ipii veiil trop faire oid)lier sa toge, — l'excelleid .Maxime (iaucher le lui leprocbait, non sans raison'^, — il ne résistait |»as au plaisir de* scandaliser un peu, de manier l'ironie transceudanlale. de faiie briller toute la gr;\ce, et péliller toute la nnMiss(* d<' son esprit. »* (!<» lettré. <pii n pris tous ses grades, disait «le lui .Vnalole l'rance, jette volontiers en l'air son txuinet de tlocteur et s'amuse ci\ et lA à des espièglerii's d'écolier"'. » N'attachons pas non plus grnndt importance aux coidradiclions. les une<« vt^ulufs. \r<
t. iMiiiic l'ag^iu'l, /»• iiiiittrr .ir .W. Jui<-s icn.nurr (t\.vu<: Uf i'aru (Iti I" innrH IS'.Cj. p. 20).