‹ Les maitres de l'heureChapitre 20 sur 122 · Anal.tif Ki.m.»'. lu \i,- U I. II, p · texte numérisé non relu

Anal.tif Ki.m.»'. lu \i,- U I. II, p

h(j LES MAITRES DE L HEURE.

autres involontaires dont il a parsemé ses premiers écrits; ce sont jeux d'un esprit très libre, très hospitalier, prodigieusement intelligent, qui aime à faire le tour des idées et des questions avant de conclure et qui abuse un peu de sa souplesse et de sa force pour acquérir le droit d'en bien user. Môme à ses débuts d'ailleurs, il sait affirmer ou nier, quand il le faut; et l'on n'a pas oublié l'exécution magistrale, presque féroce, de ce pauvre M. Georges Ohnet. « Depuis l'article de M. Lemaître, a-t-on dit fort joliment, bien des gens continuent de lire M. Ohnet, mais on ne trouve plus personne qui s'en vante i. »

Essayons donc d'aller au fond des choses, et parmi tous les méandres de cette ondoyante et subtile pensée, efforçons-nous de la surprendre et de la fixer en ses attitudes essentielles. — Littérairement, on pourrait, à première vue, voir en lui le moins « traditionaliste » des hommes, le plus déterminé des u modernistes » ; et le fait est qu'il est — généralement — à l'égard des tentatives contemporaines le plus accueillant des critiques; il a, — dans sa prime jeunesse, il est vrai, — été très engoué du romantisme; plus tard, il s'est « grisé autant que personne de ce vin lourd du naturalisme (si mal nommé) ^ ». Mais regardez-y d'un peu plus près : ces ivresses n'ont pas duré, et il a su dire aux romantiques et aux naturalistes d'amères vérités. S'il a fort bien parlé d'Ibsen, il n'a pas été tendre aux influences cosmopolites, et les « littératures du Nord » ont trouvé en lui presque un ennemi personnel : n'a-t-il pas osé dire un jour de Shakespeare que « si nous étions francs, il nous ferait encore bien souvent, comme à Voltaire, l'effet d'un sauvage ivre^ »? Et enfin, s'il a été indulgent, et même tendre à Verlaine, n'a-t-il pas été assez dur aux symbolistes, beaucoup plus dur en tout cas que Brunetière? « Simple Tourangeau, disait-il, fils d'une race sensée, modérée et railleuse, avec le pli de vingt

1. G. Lanson, Ilist. de la liltércUure française, T* éd. p. 1082.

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