Impressions de Ihédtre, l'* série, p
dilettante » dont il a paru parlbis tenir le rôle. Il y a des idées auxquelles il tient, et qu'au besoin il saura défendre. S'il connaît les jouissances de la curiosité, il sait aussi le prix de Taction. « Si le- choix m'en avait été laissé, écrivait-il un jour, j'aurais choisi d'abord d'être un grand saint, puis une l'emme très belle, puis un grand conquérant ou un grand politique, enfin un écrivain ou un artiste de génie ^. » Vous vous rappelez dans l'Aînée l'intéressant personnage de Dursay, sous les traits duquel je crois bien que M. Jules Lemaître a voulu se peindre lui-mênie, et qui, en tout cas, lui ressemble « comme un frère ». Dursoy est un u philosophe », un curieux, qui trouve la vie très divertissante, et les hommes très amusants à regarder. Mais Dursay n'est détaché qu'en a})parence. Il vient un jour où lui aussi passe à l'action : il épouse la grave et charmante Lia. On peut voir là quelque symbolisme. Attendons-nous à voir l'auteur de l'Aînée descendre lui aussi dans la mêlée contemporaine.
Nous sommes en 1898. Année terrible pour tous les bons Français, et qu'aucun d'eux ne voudrait revivre. Nous commençons à peine à nous relever des ruines morales, et même matérielles, qu'elles a semées sur le sol de France. Je ne voudrais pas revenir sur une question qui nous a trop longtemps désunis et paraître réveiller des passions peut-être encore mal éteintes. Ce n'est d'ailleurs que dans un demi-siècle, quand tous les faits et les documents seront connus, que Ton pourra, avec l'histoire vraie et sereine, écrire la « psychologie » et la » philosophie » de la douloureuse Affaire. Mais il me faut bien évoquer ces tristes souvenirs, ne serait-ce que pour expliquer le rôle et l'évolution politiques de l'ironiste voluptueux et tendre qui écrivait tour à tour le Pardon et la Donne Hélène.