‹ Les maitres de l'heureChapitre 42 sur 122 · Quntrt' Discours, [). 1) H · texte numérisé non relu

Quntrt' Discours, [). 1) H

2. Sur fiitrinc et Jiili's Ixmnilrf, vl inAine sur l'cnsomMo «le {'«nivre i\v M. I.cnialln', je renvoie tout pnrtieiilièreiiient a l'articlo >i llu, si ingénieux, si péiiélrant de M. Pierre de Quinelle d«ns In fh'vuf hi'hdofwiilniri' du IS avril P.M>S. Je n'ai eonnu rel arhrb» tpi'apreH avoir «'iril mon élude; el je n«' le n'-relle qu'à inoilie : oar M. de (Jtiirielle et moi nous nous sommes !«i miuvouI rencnnlri*;^ non H««ule* menl daiH In pensée, mais parfoi!*. -- chose bien reiiinrqnnhlo, —

nsque dans l'expression, quo mon ignornnee im^nic me donne le

droit mainlenanl «le revendiquer en mn fa\cnr loul le cl

liMil riionneiir de oollo involonlairc reutonlre el de c« ni • demorqunge »,

A suivre, presque d'année en année et d'œuvre en œuvre, le développement et les applications diverses de ce talent si heureux et si souple, n'avons-nous pas risqué de perdre un peu de vue, je n'ose dire sa philosophie, — M. Jules Leniaitre nous en voudrait de le transformer en « philosophe », ou même en « penseur », — tout au moins les idées générales les plus constantes que suggèrent ses écrits et auxquelles aboutit son expérience. Ces idées générales, il faut les recueillir et les résumer maintenant, quitte à paraître systématiser outre mesure l'un des esprits les plus libres, les moins dogmatiques qui furent jamais.

J ai dit que l'auteur des Contemporains n'est point un philosophe. Très positif, très ami de la réalité concrète, il est de ceux que l'aventure métaphysique ne tente guère, et que même l'angoisse métaphysique étreint si peu, qu'il fait presque profession de n'y pas croire. Quand elle se présente à sa pensée, il l'écarté vite, d'un geste, et d'un sourire : « Après cela, on ne vivrait pas si on songeait toujours à ces choses* )>. Il y a pourtant songé quelquefois. S'il n'a peut-être pas longuement pâli sur les livres des philosophes de profession, il me semble qu'il a des « clartés » fort suffisantes de Darwin et de Spencer, d'Auguste Comte et de Schopcnhaucr; je doute, à dire vrai, qu'il ait poussé plus avant son enquête; je ne trouve chez lui nulle trace des « philosophies nouvelles », celle de M. Boutroux, celle de William James, celle de M. Bergson; et je ne vois pas qu'il ait nulle part, comme le faisait récemment Loti, cité le nom de l'auteur de VÉvolution créatrice. Tout au fond, je crois bien qu'il a gardé quelque tendresse de cœur pour la philosophie qu'on lui enseignait dans sa jeunesse : elle ne lui paraît ni « superficielle », ni « surannée »; il déclare la Profession de foi du Vicaire savoyard « le plus beau credo

l. Contemporains, V série {Sully Prudliomme), p. 73.

du spiritualisme qui ait été écrit »; et non seulement à ses yeux, « les arguments du spiritualisme valent bien ceux des métaphysiques qui passent pour plus distint^uées », mais encore il voit dans cette doclrin»» « une reli«,'ion » parfaitement « capable d'agir sur la vie ' '\

Ceux qui, il y a un demi-siècle, vivaient encore de c<'lle religion naturelle, étaient généralement fort sévères à l'égard, sinon du christianisme, tout au moins du catholicisme. Tel n'est pas précisément le cas de M. Jules Lemaîlre. Knti«''rement détaché du dogme, il a l'incrédulité parfois un peu railleuse, jamais agressive. Sous l'influence de Renan sans doute, mais aussi par bonté et « honiu'leté » native, il a gardé pour la religion de son enfance une certaine affection tendre. Ouoiqu'il ait été souvent bien dur pour ce que l'on ai)pelait, il y a vingt ans, le « néo-christianisme », <( la piété sans la foi » est un des sentiments (pi'il a le mieux connus et le plus spontanément exprimés. « \i[ note/ bien, — disait-il, fictivement, à Veuillot. — notez bien «pie vous, je vous comprends, je vous ainu^»je vous pardonne tout. Kt j'aime les saints, les prêtres, les religieuses, — non pai- une jiffecLitimi d(» largeur d'esprit, ou par une espèce de niaise et sullisante coquetterie morale. J'aime ré<dleiuent pres(pie tout co que vous défendez, et je le (b'fendiais moi-UK'me à l'occasion -.... » Je crois bien ilailieurs que M. Leiuaiire s'en est tenu à ces excellents senliiueîils, (pi'il n'a i)as eu ce que j'appelhM'ais volt)ntief*^ la curiosité active des religions, et «pi'il s'est, i\ très peu près, contenté dr vivre sur «< les six années de catéchisme de peis«'*vérau«*(» <pii ont suivi sa première conununion, d où il a etdeudu reculer toutes les hérésies, sans conqder les schismes ». l'u peu de r.ossuet, un peu de Pascal, -- M. I.emaîlre cit(» souvent les Peiisrrs^ et j'en suis bien aie! un p<Mi de l'éuelon. voilà tout ce qui a dd compléter son éducation théologique. Je ne pense pas qu'il

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