Excclsior du 19 février 1912, p
M. JULES LE. MAITRE. 10 f
morale de Dumas fils est, généralement, plus trouble, plus méié»^, moins sûre, moins (l<''licate et moins élevée, moins humainement chrétienne que celle de M. Lemaître. In sentiment très vif, parfois même assez Apre, de la faiblesse et de la misère humaines, du « péché oric^inel », comme dirait un théologien, mais adouci par une j)rofonde et mélancolique pitié, le culte et la prédication discrète des deux vertus cardinales mises en honneur par le christianisme, l'humilité et la charité : voilà, si je ne me trompe, les principaux ti-ails qui caractérisent les théories morales de l'auteur de RêvoUée. Personne, — M. Doumic l'a fort bien dit, — n'a mieux exprimé l'étal d'esprit de 1' « honnête homme >» d'aujouid'hui resté chrétien presque malgré lui.
Liî phis j)n»li.ilihî, — écrivait-il en ini jum <! uplimisine, — c'est que l;i condition humaine s'aniéliorera peu à |ieu j)ar la honte, mais par la bonté simplement humaine, et aussi par celte notion lentement réjiandii»!, (pie lintérél de eliaeun se confond ou tend à se confondre avec l'inténH de tous, et que l'éfroïsmo est une duperie. Et le mon<le ira connue il pourra. L'humanité pourra s'accorder dans la résignation même à rifjnorance metaphysiijue, et dans le senti nient que votre solution, h vous [il s'adresse à Louis VouilK)lj est inqjossihle. Seulement, mtus profiterons de vos indicutions : nous sonms nu)ins dupes de In « Déclaration des droits de l'honinie », nous concevnuis mieux qu(» cesl aur les euMirs cpiil faut agir et que l'ajqïarenlo justice fçéiunélri(|ue dos lois n'est rien, si le désir de la justice et de la charité ne sont point en nous*.
M. .Iules l,«Muaîlr«» a été <le moins en moins dupe de la Drrlaratiim des droits de l'Iiomme, r\ pour amt'diorer la condition humaine, tout au moins <lans son propre pays, il n Uni par ('«nupter sur aidr(* chose cpie sur le naturel développement i\v la b(U>lé et de l'agnosticisme. Son «qdimisme social et im^uM* politique a fait place h un pessimisme plus pioche parent des coiu'«q)lions de llobbes que de celles do Kousseau. Peut être avait il lri)p aisément cru jadis que la