Au Milieu du chemin^ p
iJU LES MAITRES DE V HEURE.
reuse d'une amie de la famille et d'une domestique très maternellement dévouée, il lisait tous les romans qui lui tombaient sous la main. La mort de sa mère, dont il eut toutes les peines du monde à se consoler, l'entrée au collège de Nyon, « ce collège maudit » où, « puni deux fois injustement, brutalisé par ses camarades, il connut des colères impuissantes, l'indignation sans force * », le remariage de son père, furent, pour cette sensibilité déjà trop éveillée et trop tendre une suite d'épreuves et de douloureuses leçons de choses. En même temps, la vocation littéraire naissait. Dès quatorze ans, il écrivait des vers, d'assez pauvres vers, à ce qu'il semble; mais si Ton songe qu'Edouard Rod a composé des vers toute sa vie, il est intéressant de saisir là, à sa source, cette veine de poésie, et de lyrisme même, qui s'est épanchée plus d'une fois dans les romans de l'auteur du Silence :
Ou bien, fixant mes yeux sur l'étendue immense, Regardant la forêt, le lac bleu, le ciel noir, Où, tout en souriant, la pâle lune avance, Je pense à Dieu, Je soir '■^