‹ Les maitres de l'heureChapitre 5 sur 122 · Contemporains, 5' série, p · texte numérisé non relu

Contemporains, 5' série, p

nellonuMit l'icln; et bien i)n''i)aré. A l'adolescent curieux et lin qui venait lui denian(i<'r surtout une direction spirituelle, elle ouvrit l'esprit en tous sens; surtout, elle lit de lui, dans toutes les acceptions du mot, un liumanisle accompli. Dans tout ce qu'il écrira depuis, on sentira l'homme qui est nourri jus(iu'aux moelles de toute la tradition classique et qui, même dans ses plus luxuriantes fantaisies, et ses infidélités apparentes, jamais au fond ne l'oubliera. En même tem[)s, il s'initiait, tant l)ien ((ue mal à la vie contem[)ornine : il dévorait Victor Hugo •, il lisait Feuillet, (juil adorait -; avec « toute la jeunesse étudiante » d'alors, « il se trouva républicain et se déclara ennemi juré de l'Kmpire ». Lui aussi, enfin, « à quinze ans, il copiait avec émotion et il admirait fort » les vers généreux et puérils de ce bon jeune homme qui s'appelait Jacques Hichard. « Une patrie prosi)ère, un tyran, devenu assez bonhomme, (juoique chargé d'un crime lointain, à combattre et à mettre par terre, c'étaient là assurément les conditions les meilleures pour aimer la vie ^. »

A tous ces Hrutus de collège la vie réelle alhiit ménager un teriibliî réveil. Le témoignage de M. Jules Lemaître ici est préci(Mix ù i-ecueillir, et il a une valeur personnelle à la fois et symboli(ju<' de hml premier ordre : ■ Je n'ai poini, a-t-il écrit, sur !a giici-re de 1.S70 des souvenirs « saisissants », mais sombres et mornes. J'avais dix-sept ans : il y a eu de petits combats tout près de mr)n village, (pii a été occMpt' pendant plusieurs mois; j'ai aidé à soign<M* les blessés cl les malades dans une petite ambulance. Voilà tout. Mais }i\ crois cpie d'avoir vu cette guerre, ou «le ne l'avoir pas vue, cchi met ^en général) une graiule dilTérencc entre deux l'ran(;ais *. » Et ailleurs, parlant de sa propre génération :

i. Contcmimrainit, 4* série. |^ 114.

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