Le Livre de mon ami, p
couvé sans doute, comme la plupart des enfants uniques, mêlé de trop bonne heure aux livres, livré sans préi»aration suffisante aux im[)rossions et aux images qui en sortent. In anfjello cutn Ubello. Que de fois il nous a parlé « de sa vieille Bible en estampes et du paradis terrestre qu'il adrnirait dans sa tendre et sage enfonce, le soir, à la table de famille, sous la lampe qui brûlait avec une douceur infinie M » Enfant rêveur, imaginatif, et à ce qu'il semble, un peu fantaisiste et distrait, plus porté c'i suivre sa fantaisie ou son caprice qu'à accepter une stricte discipline, l'éducation qu'il a reçue a-t-elle suffisamment réagi contre cette disposition native? On en peut douter. Ses parents, sa mère surtout, foiulaient sur lui les plus grandes espérances : il serait le poète, l'écrivain que son père n'avait pu être; et s'il est vrai que « dans l'j^ge le plus tendre » il fût déjà « dévoré par l'amour de la gloire », et qu'il (( nourrît le désir de s'illustrer sans retard et de durer dans la mémoire des hommes ^ ,»^ on ne dut pas, autour do lui, décourager cette ambition enfantine.
I.e moment des études venu, on mit l'enfant au collège Stanislas. « C'est Stanislas qui m'a élevé, a-l-il écrit i\i\ jour, je lui en ganle une profonde reconnaissance. Ei p<Mir<|uoi serais-j»* ingrat? Je n'y aurais niuMin plaisir. Quant au profil, il est douteux, l/ingralilude est un plat qu'il faut savoir assaisonner. Souvent il incommode le cuisinier qui le sert. Aussi bien ai-je passé au collège Stanislas un temps très doux. J'en ui des souvenirs délicieux.... La discipline n'était pas militaire. On nous donnait un peu de liberté, nons en prenions davantage; et la vie était très supportable. J'ajouterai que je rentrais à la maison paternelle tous les soirs. Pensionnaire, j'aurais sauté par-«lessns les murs. Je /iViis- jamais aucun goût pour la caserne^ et j'aurais fait un mauvais soHat. ('/est peutêtre pour cela que j'admire si fort l'aruiée. »» Non qu'il
i. t.a Vie littéraire, l. 111. p. 7.