La Vie littéraire, t. II, p
2. Je note pourtant, dans un article intitulé Vacances sentimentales : En Alsace {Revue Bleue du 14 octot)re 1882 , les quelques lignes que voici : « Les femmes de .Strasbourg adorent la musique militaire; mais elles ne vont point entendre celles que leur donnent les Allemands, qui pourtant est très bonne.... Ce sont les veuves de la France.... En sortant par la porte d'Austerlitz {quon me permette de lui rendre ce nom comme un souvenir et comme un présage).... L'Alsace nous regrette parce qu'elle nous aime. Elle a des maîtres intelligente, elle les hait pourtant. Pour nous, gardons nos espérances : elles sont permises. Mais fondons-les sur nos vertus et nos talents plutôt que sur les fautes de nos vaintjueurs. » (Non recueilli.)
3. Claude Louis, les Poètes ass'is {i\ouveUe Revue. 15 mai 1902).
M. AN Al ou: FRANCE. 203
« A Leconte de lÀsle^ nufcur des Poèmes antiques et des Poèmes barbares, en témoi(innf]e d'une vive et constante admiration, ce livre est dédié par Anatole France. » Jamais (hkiicace ne fut plus justifiéo que celle là. Elle est partout, dans les Poèmes dorés et dans les Idylles et légendes, qui leur font suite, comme elle sera dans les Noces corinthiennes <pii leur succe^deronl, nnlluence du maître des Poèmes barbares; et si ce n'est pas la seule, si M. G. Michaut y a justement relevé des réminiscences ou des imitations de Sully PrudhommeetdeCoppée, \ de Sainte-Beuve et de Dickens, de Vigny et de Victor Uwi^o^J — on peut ajouter : de Baudelaire \ — c'est pourtant celle qui prédomine. On pourrait appliijuer au poète ce qu'il disait lui-même Jadis, à propos du Ueliqnaire de Frauj^ois Co()pée : « Un nom très aimé et très vénéré, le nom de Leconte de Lisle est inscrit au seuil de ce volume. L'auteur, avant de s'end)ar<iuer, la mis là comme un phare (jui le préservAt lui et les autres, des écu<Mls de la banalité »'t de la convention. Le souci de la Inniit', Ir respect de la poésie \ qui est chose sainte, voilà ce (|u'il doit au maître'^. » Il va' I)onrlant qnelipie dislancc rnlrc h'S deux écrivains. C'rst un ij^iand poèlc (pic Leconte de LisIe : il a le soufllc; il a l'aicent; il n, dans le verbe comme dans la pensée, cette oriuriiKdité haiilaiiir qui caractérist* le poète si'ii- (*t lier «le sa force; son vers, d'un éclat un peu dur peut-être et trop « marmoréen », a une plénitude, une densilt', iine vii»ueur cpii s'imposent à la mémoire; bref, — rt n'est e«» pas là, toujours, qu'il faut en revrnir, quainl il s'agit de juf:er et de classer nn poète? — il a créé « un frisson nouveau »».