‹ Les maîtres de l'histoire: Renan, Taine, MicheletChapitre 13 sur 44 · Souvenirs de jeunesse · texte numérisé non relu

Souvenirs de jeunesse

TAIIfE. S9

^nemeot, les lettres, le journalisme, le théâlre, la politique ou méazie TÉglise. À côté de cexm que je citais tout i VheuoPB, qa'il me sii^&ie de BOjG^oaer Clixalleaaaat-Lacoar, Ghassasg, Àsm- Uût, Aube, Perraud, Fearry, Weiss, Yung, Belot, Gaucher^ Gréardy Préyost-Paradol, Levasseuf, Villetard, Accarias, Boileau, Duva^jx, GrouMé, Lefakmty Tourmer*

Taiae eui, dès île premier jour, une place à part au milieu d'-eux. Kou qu'il «h^tshàt à se siaguiaidser ou à &ire aectir sa supériorité; ses maîtres et ses camarades s'aeoondent à vanter sa diNtcesor, «a modestie, sa oomplaisanoe, sa ^ieié; loais il inspirait, par sod caradièiie et par sim isitelligeaice, un senUanent que des jeuaes geas^ eûfermés 'Cbins «ne école, ^ouneat rarement pour ao oompagnon d'études: «lu respect .affieotueixK* On sentait confuséaBent qu'il y avait est lui quelque chose de partkulier, d'unique, qui le mettaiit à part et auHlessus de tous. Il arrivait à 1 École a^ec une érudition auprès de iaqiictUe tous se ^entadeat des ignorants, et pourtant on voyait ce gmml iAcbemti, pour me serdr de T^Kpression d'About, peiner comme s'il aTait tout à apprendate. Il joignait à une rigcHireitse méthode dans son infatigable labeur, uae fadlité mer-

veilleuse en latin comme en français, en vers comme en prose, qui lui permettait d'expédier en une quinzaine tous les travaux du trimestre, sans qu'aucun pourtant parût négligé, et encore de fournir des faits, des plans de devoirs et des idées à tous ceux de ses camarades qui venaient le feuilleter^ comme ils disaient, sans jamais lasser sa patience. Enfin, on s'étonnait de le voir apporter, au sortir du collège, un esprit tout formé et des doctrines arrêtées, mûries par l'étude et la réflexion personnelles. Il avait déjà, quand il suivait à Bourbon le cours de philosophie de M. Bénard, un système du monde tout pénétré de déterminisme spinoziste, et surtout une manière, qui lui était propre, de classer ses idées et de les exprimer avec une rigueur presque mathématique. Il avait à l'École des registres où ses réflexions, ses lectures, ses conversations, venaient se condenser dans des analyses qui avaient pour objet de reconstruire a priori la réalité, de ramener à une formule simple un système, une époque, un caractère, et de découvrir les lois génératrices des organismes complexes et vivants. On sentait en lui un observateur et un juge. Il avait trop de bonhomie et de modestie pour qu'on se sentit gêné

devant lui; mais on était subjugué par cette force de réflexion et de pensée, par cette pénétration critique d'une clairvoyance impitoyable, bien qu'exempte de malveillance et d'ironie. Dans les premiers temps, About menait toute la section par sa verve endiablée, par son esprit railleur toujours en éveil; il était Vabsorbant, comme on disait, et les autres les absorbés; mais bientôt About subit l'ascendant irrésistible de ce logicien pressant, doux et obstiné, et l'on déclara qu'il fallait le ranger désormais parmi les absorbés de ce nouvel et plus puissant absorbant.

Personne n'a jamais joui du séjour à l'École normale au même degré que Taine. Il éprouva jusqu'à l'enivrement le plaisir de sentir autour de soi « des esprits hardis, ouverts, jeunes, excités par des études et un contact perpétuels * », et le plaisir de travailler, de penser et de discuter sans entrave et sans trêve.

« J'ai un encombrement de travaux de toute sorte, écrit- il à Paradol, le 20 mars 1849.

Compte d'abord les devoirs officiels exigés de grec, philosophie, histoire, latin, français;

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