Mémoires de Luther, préface
thie qu'il avait embrassé la cause de TÉglise elle-môme. En même temps Tesprit clérical renaissant s'efiForçait de ramener la société moderne non plus seulement à Tadmiration, mais à l'imitation du moyen âge. Micheletdut prendre parli dans la lutte, et, pour la défense des idées modernes, rompre avec ses habitudes de respect envers l'Église, quelque profondément enracinées qu'elles fussent dans son cœur. « Le moyen âge, dit-il dans le Peuple, où j'ai passé ma vie, dont j'ai reproduit dans mes histoires la touchante, l'impuis-
santé aspiration, j'ai dû lui dire: Arrière!
aujourd'hui que des mains impures l'arrachent de sa tombe et mettent cette pierre devant nous pour nous faire choir dans la voie de Tavenir*. »
Jusqu'alors il s'était interdit, par piété filiale, de juger l'Église; à mesure qu'il éludia le catholicisme dans son action, dans ses doctrines, son cœur s'en éloigna de plus en plus. Il ne l'attaqua pas au nom de la raison comme illogique, il le réprouva au nom du sentiment comme injuste. La doctrine chrétienne se résuma à ses yeux dans l'opposition de la