‹ Les maîtres de l'histoire: Renan, Taine, MicheletChapitre 43 sur 44 · LeBanquUf Uld ; Rmiey 1891 ; surUsChemim du (Europe · texte numérisé non relu

LeBanquUf Uld ; Rmiey 1891 ; surUsChemim du (Europe

MIGHELET. â9i

^'aient été faite œs raccorda, ils ont suffi 'pouT qu'on y ait vu une sorte de collaboration ^et de Temaniement. Mon Journal^ au coniraire, a été éeriït.au jour le jour, ^t nous le possédons tel qu'il a été écrit ; il se rapiporte à une époque de la vie de Michelet sur laquelle nous ne connaissions rien et qui a été d'une importance capitale pour son avenir intellectuel, celle qui s'étend entre sa sortie du lycée et son entrée dans le professorat, entre ses prenaiers chagrins d'amour et son mariage, eatre ses derniers devoirs d'écolier et ses premiers livres. Ces années 1820 à 1822 sont pour Michelet ce que sont pour Wilhelm Meister ses Lehrjakne, ses années d!apprentissage, apprentissage de la vie, apprentissage de ia pensée et du style. C'est pendant ces années-là que Michelet a reçu les impressions qui ont donné à «on caractère et à son esprit le pli définitif; c'est alors qu'il a pris rconscience de sa ^valeur <et fixé sa vocation. M<^ Journal nous initie à ce travail intérieur et aux circonstances décisives qui en ont été l'occasion. Nous assistons à rensemencement d'un sol qui devait porter plus tard de si riches moissons. Le champ que nous n'avons connu jusqu'ici qu'à l'heure de la récolte, nous le voyons maintenant au moment du labour;

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nous suivons des yeux les sillons profonds qu'y ont creusés les passions, la douleur et le travail; nous reconnaissons parmi les graines que le semeur y jette à pleines mains toutes celles qui germeront plus tard.

Il y a deux périodes dans ces années d'apprentissage. La première est remplie par l'amitié de Michelet pour Poinsot ; dans la seconde, Michelet cherche dans le travail et Faclivité intellectuelle un remède à Ja douleur poignante causée par la mort de son ami. C'est un roman que Tamitié de Michelet pour Poinsot. Cruellement déçu dans son amour pour Thérèse, maintenant mariée en province, mais gardant au fond du cœur la blessure encore saignante, instruit par la lamentable destinée de Marianne * des conséquences qu'entraîne pour la femme la légèreté égoïste de l'homme, il s'était imposé les règles morales les plus sévères, non par obéissance à des préceptes abstraits ou à une loi religieuse, mais par 'Compassion pour la femme et par respect pour lui-même. Il se voue tout entier au travail et à l'amitié. Mais dans cette âme passionnée, Tamitié prend bien vite toute l'inteû-

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