‹ Les maîtres de la caricatureChapitre 17 sur 22 · A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

A LA CAMPAGNE

Hommes d'Affaires

- Quand ou gagne autant d'argent que nous, c'est très difficile d'èlre honnêtes!

Des Têtes

Le Rendez-vous

— Il ne vient pas, el moi qui ai reLcnu un fiacre à l'iieure !

i \ Dori.oriiKrsi:

J. Qrûn intime

Il y a (iiU'KiiK's aiiniM's à peine. i[iiaii(l une [linipaiile ai'liclH^ il(''eoi'ail, les palissades iruiie maison en conslriiclioii, alUranl l'œil l'I le r(''ioiiissanl, on poinail dire sans craiiilo do se tromper :

Tiens ! i lnh-fl ! »

Anjonrd'hui, ipniiid apparail snr les mêmes palissades une jolie |ielite femme, très en chair, Irés on loul, ayant derrière elle, pour lui si'rvir de repoussoir, un serfïoni do ville, ou peul s'éerior égalomeid : « Tiens ! un (Iri'in !

Il est à la mode, les commcrçanls se l'arracliout et ils ont raison, car il est im[)ossible de passer devant ces afliches sans les voir, tant elles sont cliaudcs de Ions.

Ce peintre procède, onollct, par taches. D'autres sont impressionnistes, pointillistes,... lui est tachiste !

11 tire de ses taches rouges, jaunes et noires, des elVets merveilleux. Il joue (le ces couleurs en virtuose, on enveloppe ses femmes de si éclatante façon que sous leurs charmes les palissades disparaissent. On ne voit (|ue l'afliclie. Le but n'est-il pas atteint?

Ce peintre.... ai-je dit de (iri'iu.... et do plus! répomlrait un

Marseillais.

Il est en ell'et une trinité.

Dessinateur, peintre do nature morte et alTichiste!

Dessinateur, il a mis du premier coup dans le mille avec un dessin pant dans Le Courrier Friiiiçni>i cL dont nous nous contenterons de donner la légende ; « C't' épatnnt, je le eroijairi Juif! •

— Je l'aisois, nous dit-il, tle la peinUiro... et une gueule la veille du terme !

L'idée lui arriva donc, pour gagner un peu d'argent et payer son propriétaire, d'égayer la nudité des murailles par de prestigieux déshabillés.

Le succès arriva comme par enchantement. Lors, il aggrandit i sa demeure, démolit des cloisons. La veine s'occentuanl, un mouvement insolite anima la rue d'Orsel. '

— Où courent ces gens pressés, se demandait-on?

Ces gens pressés n'étaient autres que les clients de Griin venant pour des commandes.

Et l'atelier de prendre des proportions gigautescpies !

Quand il n'y cul plus rien à changer, quand il fut tout à fait ù son aise, Grûn déménagea.

Il quittait Moulmarlre, en pleine popularité, au moment où il pouvait se faire élire, au premier tour, comme député de l'arrondissement! Nous le retrouvons boulevard Bcrthier.

11 n'y a pas loin de la nie d'Orscl au boulevard lîerthier et cependant ([uel chemin parcouru par Griin !

Il habite la colonie des peinti-es arrivés, le boulcvaixl bordé de ravissants petits hôtels avec gi'and atelier.

Ces voisins ont nom RoU, Boldini, Carricr-Bellense, Billotte, Rochogrosse, Chayron, le portraitiste des jolies femmes.

Sa porte est ornée de boulons de sonnettes électriques de tous les calibres. Il y a le service des modèles, le service intérieur, des tas de services. Il n'y manque que le bouton dos services qu'il rend aux camarades.

Malgré cela, vous pouvez appuyer indéfiniment et successivement sur tous ces boutons, la porte s'ouvre, mais.... monsieur Grun

CROQUIS

Son apparition fut un succès do fou rire : La lithographie qu'il en fit tirer s'enleva par milliers d'exemplaires et nous pourrions ajouter qu'un Grand-Duc ne vient jamais à Paris sans en commander plusieurs caisses.... mais.... entre nous, n'est-co-pas?... évitons un incident diplomatique et ne nous brouillons pas avec la Russie !

Peintre de nature morte ou mieux de cuivres, J. Gi-iin a obtenu au Salon de 1893 une mention et, deux ans après, une troisième médaille. Nous serions très étonnés qu'une première récompense ne lui fCit pas décernée dans quelques jours pour sa dernière toile très remarquée à la Société des Artistes Français.

Quant à l'affichiste, sa renommée grandit à chaque nouvelle réclame dont il orne nos murs.... La Irinité Grûn défie toute concurrence !

Enfant, ses parents voulaient en faire un dentiste... parce qu'il était menteur comme un arracheur de dents!

Ce défaut disparaissant avec l'âge, il n'y avait plus aucune raison de le mettre en contact avec les molaires, aussi lui permit-on de s'adonner à la décoration.

M. Jaluzol ne se doute certainement pas que maints ornements de ses grands magasins ont été faits de la main de Grûn.

Trouvant qu'à la longue les lête-à-tête avec les plafonds devenaient monotones, le jeune rapin loua un atelier à Montmartre et, possédant un atelier, ne pouvait décemment employer son temps qu'à peindre.

CROQUIS

n'y osl jamais.... si vous n'avez pas soin au préalalilc do l'informer de votre visite.

Los demoiselles du téléphone de son réseau ne font que lui crier « A1I(M Allô! ■ toute la journée. Une voix vous demande alors qui vous êtes, une autre voix ce que vous désirez, une troisième vous prie d'attendre.... Enfin l'Allô ! Allo ! du Maître se fait entendre.

Pour ses affiches, il faut prendre ilate, même en y mettant le prix; mais les commerçants ne délestent pas venir plusieurs fois en son atelier, car leur peintre est toujours d'humeur joyeuse cl sa conversation n'est jamais banale.

très gavroche, en l inlimilé, la trinité Gnin.

Aime de ses modèles, il adore se faire raconter leurs petites histoires, ainsi connaît-il nombre d'anecdotes.

Une, entre autres, assez typique.

11 avait demandé à l'un de ses modèles, la mômesucre d'orge, représentée dans L'Album couchée sur un divan, de lui amener un petit gosse pour un nu dont il avait besoin.

.\ peine esl-il déshabillé que voilà mou gosse donnant des coups de pieds dans les chevalets, pan ! dans les tableaux, pan! dans tout ce qui se trouve à sa portée.

(irûn sonne sa bonne qui sert à l'enfant une immense tartine de confitures.

Deux minuties après il avait de la groseille ])lein les joues, plein le corps, il en était peint!

l'our essayer de le faire tenir tranquille, on lui apporte alors un tambour. Immédiatement, il saule dedans à pieds joinis. mais la peau d'iSne très élastique l'envoie bondir à un mètre sur le derrière !

— Mais ([n'est-ce que c'est que ce gossc-là, s'écrie (irûn.

Alors la mome sucre d'orge do répondre tranquillement : . — Ce gosse-là?... eh bien! c'est le gosse au bonhomme qui a fait le coup de la rue Lemereier...,, vous savez bien,....

l'assassinat!.... »

Lors(pie Griin a quelques loisirs, il fait de la peinture, il polit ses cuivres amoureusement, les .soucis qui l'assiégeaient à Montmartre ayant disparu à l'horizon.

(.es (le.^sms de L'Album seront probablement les derniers qu'il fera, n'ayant plus le temps matériel de s'y adonner. Nous sommes heureux qu'il n'ait pris cette détermination qu'après avoir terminé cet Album des plus amusants et qui contient de tout un peu. Des sergents de ville, il en a mis une collection dans sa double page que nous aurions pu intituler Le pas:iage à tabac et qu'il a oublié de dédier à M. Lépine. Des jolies femmes?... Dora va vous répondre : présente !

Les pages plaisantes? Elles abondent. C'est pas de la blayuc,

c'eut pas du faux est bien du Grûn qui s'amuse, de même Qu'il y a des seins et dessins! sans compter le petit modèle qui s'écrie : Ça y est, vous ave: tout vu?., alors je tne rhabille!

Et L'Album s'ouvre par un souriant M. Loubel qui a l'air de dire : « N'est-ce pas que je suis très ressemblant? 11 a bien du talent, ce Grtin! »

Nous sommes absolument de son avis.

Lucien' Puecu.

On demande un modèle.

Le Plinthe. — C'rsl |i;is de la l.liiyiic.... i'. l'M pas ilu Taux.

Dora.

Franchise

Elle. —

Moi, ce que je préfère loucher, c'esl Ion argenl.

U\ PUU DE TUUT.

Fantaisie...

M II \- M;h DU l'INCEAU

Page 1