PASCAL ET KANT
Il est remarquable que les deux puissances les plus affirmatives et les plus dogmatiques qu'il y ait sur la terre, je veux dire la théologie et la science, aient l'une et l'autre un secret penchant pour le scepticisme dans les matières qui sortent de leur domaine. L'une et l'autre, dont l'accord est si difficile sur tout le reste, s'entendent assez volontiers dans leur défiance commune envers la philosophie. Fières toutes deux du critérium d'absolue vérité qu'elles croient posséder, elles regardent avec dédain les tentatives incertaines et toujours renouvelées des métaphysiciens et des philosophes, et souvent elles se sont liguées contre la prétention de la raison
1. Le Scepticisme. — Énésidème, Pascnf, Knnt, par Emile Saisset, Paris 1866.
humaine à pénétrer par ses seules forces les mystères de l'invisible.
Le théologien, appuyé sur la base solide d'une autorité extérieure, ou même, à défaut de cette autorité, qui assez souvent peut chanceler, sur un critérium tout intime, supérieur à tout contrôle et à toute discussion, la foi, — le théologien, dis-je, si éclairé qu'il soit, ne peut se défendre d'un sentiment de pitié pour ceux qui, sans autre gouvernail que la raison, osent braver l'océan des opinions humaines, et croient pouvoir s'y diriger avec assurance. Je ne dis pas sans doute que la théologie enseigne dogmatiquement le scepticisme philosophique, car je sais au contraire qu'elle Ta souvent condamné; mais, tout en le condamnant, il est bien rare qu'elle ne manifeste pas quelque sympathie pour lui : elle y retombe toujours plus ou moins à son insu. Tout en reconnaissant une certaine valeur spéculative à la raison, elle se délie d'elle dans la pratique; elle ne lui accorde qu'une très faible action sur la vie humaine, et conteste son droit à gouverner et à améliorer les sociétés. Si telles sont les dispositions des théologiens en général, il n'est pas étonnant que de temps à autre on voie s'élever quelques esprits violents et passionnés qui, déchirant les voiles, mettant à nu les racines des choses, prenant plaisir à voir < la superbe raison froissée par ses propres armes, et la révolte sanglante de l'homme contre l'homme », sacrifient sans mesure la raison à la foi, et prétendent édifier la religion sur la base ruineuse d'un absolu pyr-
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rhonisme. Tel a été Pascal au xvn« siècle, tel encore, de nos jours, l'abbé de Lamennais.
La science, de son côté, a également un critérium qu'elle considère comme infaillible : c'est l'expérience, aidée du calcul ; je ne parle pas de cette expérience interne de la conscience, dont chacun peut toujours, s'il le veut, récuser l'autorité, mais de l'expérience des sens, qui, aidée de tous les moyens les plus ingénieux et les plus subtils de la méthode et de l'analyse, confirmée par les déductions du calcul, met sous les yeux de tous avec une rigueur irrécusable les faits de l'univers sensible, ainsi que les rapports constants et universels, c'est-à-dire les lois de ces faits. Une fois qu'une question a été tranchée par l'expérience il n'y a plus de débat : partout la même solution est acceptée et enseignée; philosophes ou croyants, catholiques ou protestants, déistes ou athées, tous s'y soumettent. Il n'y a qu'une physique et qu'une géométrie, et c'est là qu'on peut dire en toufje vérité ; la science a parlé, la cause est entendue. Bien plus, le nombre de ces vérités universellement admises augmente sans cesse ; aucune ne se perd, et de nouvelles viennent toujours s'ajouter aux précédentes. Enfin la certitude incomparable de ces sortes de vérités se démontre encore par les innombrables applications qui en sont faites, qui vérifient la solidité du principe en même temps qu'elles améliorent et perfectionnent la condition de la société. Telles sont les raisons pour lesquelles les savants comme les théologiens contemplent
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avec quelque indifférence, et souvent même avec une hostilité prévenue, les systèmes philosophiques, toujours en lutte les uns contre les autres, toujours vaincus, toujours renaissants, et dont aucun ne parait avoir jusqu'à présent réussi à établir définitivement une seule vérité à l'abri de toute controverse et de toute interprétation contradictoire. Ce genre de scepticisme est, en pratique, l'état d'esprit de la plupart des savants ; il est philosophiquement représenté parmi nous par l'école de M. Littré, par l'ingénieux et subtil M. Cournot; parmi les lettrés, il compte un adhérent de la plus rare intelligence, et merveilleusement apte à toutes les choses de la pensée, M. Sainte-Beuve; il a été exposé par M. Renan avec toutes les grâces et toutes les souplesses de son talent. On peut dire néanmoins que c'est parmi les philosophes eux-mêmes que le scepticisme scientifique a trouvé, à la fin du siècle dernier, son plus sérieux, son plus profond interprète, Emmanuel Kaut, le plus grand des philosophes allemands, l'un des plus grands philosophes modernes.
Pressé entre le théologien et le savant, il faut avouer que le philosophe est dans une situation assez pénible. A l'égard du premier, il est luimême un savant : il est exigeant, interrogateur, difficile à contenter; il relève les contradictions de ses adversaires, et se fait gloire de ne rien accepter qui ne lui paraisse évident ; mais à l'égard des savants le rôle du philosophe change, et il n'est pas loin de ressembler à un théologien. Il est alors
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sur la défensive : il demande à ne pas être serré de trop près, il accorde qu'il y a des difficultés, des obscurités ; il se retranche derrière la morale ; il s'indigne, il s'émeut, il en appelle à la foi du genre humain. Le philosophe est, en un mot, déchiré entre deux tendances contraires : d'une part, il craint d'être entraîné au mysticisme et au surnaturalisme, de l'autre au matérialisme et à l'athéisme. La philosophie de notre temps avait essayé d'échapper à ce double péril en se séparant énergiquement et de la théologie et des sciences, et en ne leur permettant pas de mettre le pied chez elle ; mais une telle situation n'a pu durer. La théologie d'une part, les sciences de l'autre ont protesté contre un isolement aussi arbitraire. Les philosophes eux-mêmes semblent avoir éprouvé le besoin d'en sortir. Ici toutefois se manifesteraient volontiers deux tendances différentes, qui, à un moment donné, pourront avoir d'importants résultats. Les uns, en effet, seraicDt assez tentés de s'allier aux théologiens, au moins à ceux d'entre eux qui ne sont pas aveuglément et systématiquement ennemis de la raison et de la liberté ; les autres, au contraire, auraient plutôt un secret penchant qui les entraînerait vers les savants, et ils donneraient volontiers la main à ceux d'en Ire eux qui ne seraient pas systématiquement ennemis de toute pensée spiritualiste. D'une part une philosophie un peu plus théologique que par le passé, de l'autre une philosophie un peu plus scientifique, telles sont les nuances qui s'accusent déjà parmi nous. C'est ainsi qu'on
essaierait de désarmer les deux classes d'adversaires que nous avons signalées, et de conjurer ce double scepticisme si funeste à l'humanité et à la philosophie, le scepticisme scientifique et le scepticisme théologique.
Les faces nouvelles que tend à prendre parmi nous l'éternel problème de la certitude n'avaient sans doute point échappé au pénétrant et généreux esprit, rune des gloires du spiritualisme français, qui s'était proposé de consacrer toutes les forces de sa maturité à une histoire du scepticisme, et qui a été si tristement interrompu par la mort dans cette œuvre à peine commencée : je veux parler de M, Emile Saisset. De cette histoire, qui eût été sans doute l'un des plus curieux livres de notre temps, grâce à la beauté du sujet et à l éminent talent de l'auteur, il ne reste aujourd'hui que des fragments dont les uns déjà publiés, les autres inédits, viennent d'être réunis avec un soin religieux par son frère, M. Amédée Saisset, lui-même professeur de philosophie de l'Université ^ Parmi les différents morceaux dont se compose ce volume, on remarquera l'étude sur Ènésidème, le plus grand sceptique de Fantiquité. Ce travail, très étendu, rune des thèses les plus remarquables de
1 Indépendamment des volumes sur le Scepticisme (chez Didier] M Amédée Saisset a encore publié deux volumes de fon fïère dans la Bimoihèçue de Philosophie <^onUmporau.e chez Germer-BaiUière, le premier intitulé lAme et to Kte le second FmVnenfs et Discours. Ces deux volumes achèvent e^ complètent de le manière la plus intéressante 1 œuvre philosophique de M. Emile Saisset.
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la Faculté des lettres de Paris, l'un des meilleurs morceaux philosophiques de l'auteur, était depuis longtemps fort estimé par les bons juges, et il résume à lui sei^l en quelque sorte toute l'histoire du scepticisme ancien; mais il était devenu fort rare, comme les travaux de ce genre : les amis les plus intimes de l'auteur ne l'avaient même pas. C'est donc rendre un vrai service à la science que de le publier de nouveau. On remarquera encore quelques écrits de philosophie théorique, tous relatifs à la question du scepticisme, et où se rencontrent beaucoup de vues personnelles et ingénieuses; mais ce qui donne à ce nouveau volume son plus grand prix, ce qui nous a paru de nature à, provoquer le plus de réflexions intéressantes, c'est un travail entièrement inédit sur le scepticisme de Pascal, où l'auteur a touché, avec autant de fine réserve que de hardiesse, aux points les plus délicats des rapports de la religion et de la philosophie. Une étude sur Rant, publiée autrefois dans la Revue, complète ces travaux sur le scepticisme des temps modernes. Par ces deux morceaux, M. Saisset atteignait dans ses racines les plus profondes le scepticisme contemporain.
Lui-même indiquait ce but et cette occasion à ses recherches dans la leçon éloquente et spirituelle par laquelle il ouvrit, au mois de décembre 1861, son cours sur l'histoire du scepticisme. Voici en quels termes il décrivait, dans ce discours, le scepticisme théologique : « Les théologiens, disait-il, quoique adversaires déclares du maléria-
lisme, s'accordent avec lui pour nier ou tenir à l'écart la philosophie. Il y a les violents qui disent : la philosophie est une chimère, la philosophie est un bavardage. Il y a les doux , les mielleux, les moelleux qui disent : la philosophie n est pas impuissante ; mais qu'elle est insuffisante l qu'elle est stérile ! qu'elle est faible ! Combien sa place est petite ! il appartient à la théologie d'habiter et de remplir le temple de la vérité. Quant à la philosophie, on ne la chasse pas, mais on la conduit tout doucement dans le vestibule; on la charge d'ouvrir la porte et de chasser les gens sans aveu qui rôdent autour . » Il caractérisait en même temps le scepticisme scientifique en termes non moins vifs et non moins vrais. « Je sais qu'il y a des faits sensibles, je sais que ces faits ont des rapports de concomitance qu'on appelle des lois ; je ne sais rien de plus. Y a-t-il des forces? y a-t-il des fins? Je l'ignore. L'homme est-il esprit ou matière? Je n'en sais rien. Existe-t-il un principe vital, une âme? Je l'ignore. Enfin y a-t-il un Dieu? C'est ce que j'ignore le plus. Je ne suis pas athée. L'athéisme s'oppose au théisme, et je ne suis ni pour ni contre Dieu . Je ne m'en occupe
pas. » is c •
A ces deux classes d'adversaires, M. Emile Saisset répondait que « si un peu de philosophie mène au scepticisme, beaucoup de philosophie en éloigne, et asseoit l'esprit dans un dogmatisme limité, mais inébranlable ». Telle est pour nous aussi la vérité. Un dogmatisme absolu tombe dans
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la chimère; un scepticisme absolu se dévore luimôme et se condamne au silence. Il faut un dogmatisme, mais un dogmatisme limité. L'exemple des excès où sont tombés de part et d'autre, dans un sens opposé, Pascal et Kant, attestera la solidité de cette conclusion.
Un fait bien remarquable, c*csl la prédilection particulière de notre siècle pour Pascal, et surtout pour le livre des Pensées. Ce n'est pas sans doute que les Provinciales nous laissent indifférents ; c'est un beau, un charmant livre, mais qui ne passionne plus, tant il a eu raison ; tout au plus, quand recommencent quelques-unes de ces émeutes périodiques de l'opinion dont les jésuites sont de temps en temps l'objet et dont ils ont aujourd'hui l'habitude, tout au plus alors, s'échauffe-t-on encore un peu pour ou contre les Provinciales; mais ce n'est que la surface de notre esprit qui est agitée. Les Pensées au contraire remuent le cœur, et le plus profond de notre cœur. C'est là pour nous qu'est le véritable Pascal. C'était le contraire aux siècles passés : au xvn« siècle, on disait bien de M. Pascal qu'il était un beau génie, mais on
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entendait surtout parler de l'auteur des petites lettres.Quant aux Pensées, elles ne semblent pas avoir été vivement goûtées par les contemporains : quelques paroles de Nicole, citées par M. Cousin, nous apprennent que les amis mêmes de l'auteur en étaient médiocrement satisfaits. Madame de Lafayette avait dit : « C'est méchant signe pour ceux qui ne goûteront pas ce livre. » Nicole répondit : « Pour vous dire la vérité, j'ai eu jusqu'ici quelque chose de ce méchant signe. J'y ai bien trouvé un grand nombre de pierres assez bien taillées et capables d'orner un grand bâtiment, mais le reste ne m'a paru que des matériaux confus, sans que je visse assez l'usage qu'il en voulait faire. »• M. Cousin a fait également remarquer le silence universel des contemporains ; pas un mot dans Fénelon , dans Malebrauche , dans Bossuet. On croyait trop alors, et trop paisiblement, pour être sensible à une apologie aussi ardente et aussi troublante que celle de Pascal. Représentons-nous Bossuet lisant les Pensées : il nous semble qu'il devait en être singulièrement scandalisé, lui qui ne supportait même pas la foi si pure et si entière de Fénelon, parce qu'elle était trop subtile. Cette logique à outrance, ce déli perpétuel jeté à la raison, ces mots terribles sur l'ordre factice des sociétés, ce mépris de la raison commune et des vérités moyennes, ce besoin de démonstration rare, ce renversement de toutes choses, ce style heurté et violent, tout ce qui confondait et révoltait le solide bon sens de Nicole, devait
profondement déplaire à la majestueuse et impassible raison du grand évêque du grand siècle. Cet étrange personnage, géomètre et théologien, écrivain sans le savoir, plaisant et tragique, jugeant la vie comme Shakspeare et mourant comme un moine du moyen âge, n'était certainement pas de la famille de Bossuet, ce grand représentant de la discipline théologique. ,
Si Pascal a été peu goûté au xvn« siècle, parce qu'il ne croyait pas assez, ou du moins pas assez sagement, il ne l'a pas été non plus au xvni« parce qu'il croyait trop : les uns le trouvaient téméraire, les autres fanatique ; les uns étaient inquiets de son scepticisme, les autres peu sympathiques à sa foi. L'esprit critique du xviii« siècle n'aimait pas l'enthousiasme religieux. Voltaire ne pardonnait à Polyeucte qu à cause des amours de Sévère et de Pauline; il pardonnait de même à Pascal pour quelques-unes de ses maximes philosophiques ; mais en général il ne voyait en lui qu'un fanatique éloquent. Condorcet en jugeait de même, et, dans son édition de Pascal, il répandait un froid géométrique sur les pensées les plus pathétiques et les plus touchantes. Il est facile de comprendre maintenant pourquoi notre siècle a plus aimé Pascal qu'aucun des deux autres qui nous ont précédés: son scepticisme, qui scandalisait le xvii« siècle, est précisément ce qui nous plaît en lui. Nous l'aimons pour avoir douté, pour avoir souffert, pour avoir appelé la lumière en gémissant ; mais en même
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temps que nous aimons et que nous comprenons son doute, nous aimons aussi et nous comprenons sa foi. Il y a aujourd'hui bien peu de croyants qui n'aient quelque sympathie pour le doute, bien peu de sceptiques qui n'aient quelque sympathie pour la foi. Dans la poésie, l'enthousiasme religieux nous plaît et nous émeut autant qu'il choquait au siècle dernier, et nous préférons Polyeucte à Sévère ; la poésie de notre temps a dû à la foi religieuse quelques-uns de ses plus beaux accents. Autant nous sommes émus par les invectives hardies de Pascal contre la raison humaine, contre les lois de la société, je dirais près- . que contre les preuves traditionnelles et banales de la religion, autant nous le sommes de sa pieuse humilité et des effusions rehgieuses qui s'échappent de son cœur. La Prière sur les maladies^ le Mystère de Jésus, l Amulette elle-même nous émeuvent profondément, et nous ne sommes pas persuadés qu'un enthousiaste soit nécessairement un fou. Enfin Pascal est un de nous, car ce qui domine en lui est aussi ce qui domine en ce siècle, une foi qui doute et un doute qui veut croire. Si de ces deux choses, la foi et le doute, l'une triomphait définitivement, Pascal perdrait peut-être une partie de son prix ; mais il est à craindre que ce partage ne dure encore longtemps, et que Pascal ne reste par là le plus fidèle et le plus profond interprète de nos déchirements et de nos douleurs.
Aussi voyons-nous que la plupart des grands
écrivains, des critiques considérables de notre temps se sont exercés au portrait de Pascal, et ce qui est digne de remarque, c'est qu'ils y ont presque tous réussi. Chateaubriand, M. Villemain, M. Sainte-Beuve, M. Nisard, lui ont dû quelquesunes de leurs plus belles pages. Mais parmi tous ces écrivains, tous ces critiques, celui qui s'est emparé de Pascal de la manière la plus triomphante a été M. Cousin il a rendu à Pascal son texte authentique et original ; il en a retrouvé un fragment sans prix, et par le sujet, et par la manière, le Discours sur les passions de V amour ; il a jugé l'écrivain en quelques lignes souveraines où le souffle du grand critique a passé. Enfin, dans un morceau des plus approfondis, il a établi avec un surcroît de preuves et une dialectique irrésistible ce que l'on savait sans doute, mais sans le bien comprendre et sans y trop penser, le scepticisme philosophique de PascaP. Après que tant et de si grands maîtres avaient touché à cet inépuisable sujet, quel honneur pour M. Havet d'avoir su encore trouver de quoi nous intéresser et nous émouvoir! Cette plume si fine et si rare, qui s'est trop économisée, nous donnait en tête d'une édition fidèle des Pensées de Pascal une