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Le Phédon, Irad. Victor Cousin, t. I, p

8i8 LES MAITRES DE LA PENSÉE MODERNE

cerveau aux sens externes ; ce qui n'aurait, sans doute, rien de contraire à un matérialisme intelligent. Mais nous avons vu plus haut que Diderot croyait peu à l'explication de la sensibilité (et à l'ortiori de l'intelligence) par l'organisation, et préférait l'hypothèse d'une sensibilité essentielle à la matière; et encore était-il tout prêt de reconnaître que c'était là une supposition gratuite. Oji voit à combien peu se réduisait en délinitive son matérialisme.

Quoi qu'il en soit, d'ailleurs, et quelle (|ue lût l'essence de ce qu'il appelait la raison, Vâme, il l'opposait, comme l'ont fait Aristote ou Bossuet, à la sensibilité physique en termes des plus explicites :

« Pourquoi l'homme est-il perfectible? (dit-il), et pourquoi l'aulmal ne l'est-il pas? — L'animal ne l'est pas parce que sa raison, s'il en a une, est dominée par un seul despote qui le subjugue. Toute Vâme du chien est au bout de son nez-. Toute l'âme de l'aigle est dans son œil ; l'âme de la taupe est dans son oreille. Mais il n'en est pas ainsi de l'homme. Il est entre ses sens une telle harmonie qu'aucun ne prédomine assez sur les autres pour donner la loi à sou entendement : c'est son entendement au contraire ou l'organe de sa raison qui est le plus fort. C'est un juge qui n'est ni corrompu, ni subjugué par aucun des témoins ; il conserve toute son auloriié, et il en use pour se perfectionner. »

Diderot se demande ce qui arriverait si l'homme

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