‹ Les maîtres de la pensée moderneChapitre 43 sur 51 · Ibid, tome II, p · texte numérisé non relu

Ibid, tome II, p

bles au même moi, sujet d'inhérence, et avant tout de mouvements répétés à la môme force productive, ou à la même volonté moi ^. » La réflexion, serait donc, pour employer le langage de Rant, la faculté qui ramène la pluralité à l'unité, surtout à cette unité fondamentale dont le type est en nous-mêmes. « Elle commence donc avec le premier effort voulu, avec le fait primitif de conscience.» Par la réflexion le moi se distingue de ses impressions : il distingue, en outre, les perceptions qui lui viennent du dehors de celles qu'il peut produire et se procurer à lui-même par un effort de la volonté. A ce point de vue, Biran attache une grande importance à un fait trop peu remarqué par les psychologues, celui de l'union du sens de l'ouïe et des organes de la voix. Grâce à cette union, et en même temps à la distinction des deux espèces d'organes, le moi peut se donner à lui-même des sensations sans s'y perdre et sans s'y confondre, tandis que pour tous les autres sens l'élément actif est tellement mêlé à l'élément passif qu'on ne peut que très difficilement les séparer par l'esprit; de telle sorte que 'c'est dans le mouvement volontaire de l'organe vocal que Biran saisit le premier exercice précis et conscient de la réflexion, le premier acte du moi. On comprend par là l'importance qu'il attribue à l'institution volontaire des signes, et comment il se sépare à la fois de l'école de Bonald, qui fait venir le langage d'une révélation extérieure et divine, et de

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