‹ Les maîtres de la pensée moderneChapitre 48 sur 51 · Ibid, p · texte numérisé non relu

Ibid, p

C'est la conscience en autre chose que soi ; mais c'est toujours la conscience. La mère transporte, si vous voulez, sa conscience dans sa fille ; elle se sent en elle; mais elle continue à se sentir.

Biran dit encore que « l'âme a deux manifestations essentielles : la raison et l'amour. L'activité personnelle est la base de la raison : c'est la vie propre de l'âme. L'amour est une vie communiquée, et comme une addition de sa vie propre, qui lui vient du dehors et de plus haut qu'elle, savoir V esprit-amour qui souffle où il veut. L'activité du moi n'a aucune influence directe sur les sentiments du cœur ou de l'amour. Nous ne pouvons que nous prêter à la réceptivité de l'esprit (c'est-à-dire désirer et prier-) * ». Puis, sans s'apercevoir qu'il se contredit, il ajoute que notre liberté « ne consiste qu'à nous disposer de manière à recevoir des idées et des sentiments ». Mais si cela est vrai des idées aussi bien que des sentiments, l'activité personnelle n'est donc pas plus le pivot de la raison que du cœur. Et, en effet, la liberté ne suffit pas plus pour connaître que pour aimer. Vouloir n'est pas plus connaître que jouir; et nous ne pouvons pas plus par noire volonté créer la vérité que le bonheur. Réciproquement si la liberté, le moi, le vouloir est indispensable pour connaître, il ne l'est pas moins pour jouir et pour aimer. Que ce soit a une grâce » divine qui produise les idées et les sentiments, je le veux bien ; mais c'est à la condition qu'il y ait un moi pour les recevoir et pour

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