OBSERVATIONS
CIIEZEI JE Jean - Baptiste- Pierre, maître de violon, professeur de musique instrumentale.
Excellent patriote,vraisansculotte.
Beaucoup dans sa partie: il en a donne des preuves par un t rès grand nombre d clèves qu'il a formes dans le Collège.
Eort et robuste, âgé de 42 ans, né en 1752.
Etait maître de musique 1S ans | avant la Révolution. Il peut, avec avantage, remplir une place dans l'instruction pour la musique, soit vocale, soit instrumentale.
POXCIIARI) .Antoine, maître de musique vocale.
(Pas d’indication).
Beaucoup dans sa partie: de plus, il a une belle écriture et des connaissances dans les affaires civiles.
f aible, né en 1758.
âgé de 35 ans.
Action civique . — H a etc employé pendant plusieurs mois par le Comité de surveillance do Blois.
Il peut, avec avantage, remplir une place dans l'instruction polir la musique vocale : il peut encore être employé dans la partie civile et dans un bureau.
ANDRE Sébast ien, musicien pour les instruments à vent dans, les grands spectacles.
Maître de musique instrumentale au College depuis
Ami de la liberté et de la République.
Il a de grands talents dans sa partie.
Assez bonne.
Peut être employé soit pour le hautbois, la flûte du la clarinette.
CASN1F.R Jean-Julie, avant la Révolution, était secrétaire SU Collège, y enseignant aussi les principe^ du violon et de la musique vocale.
Depuis la Révolution, maître d écriture.
(Pas d’indication).
Il en a dit ns l'écriture et dans la musique v ocale et instrumentale.
Te m pé r a ni e n t très faible, constitution délicate. N'en I7t>2 : âgé de 32 ans.
Il peut, avec succès, remplir une place dans l'éducation pour l'écriture. l'arithmétique, la musique vocale et instrumentale, ou être employé dans un bureau.
\ a et arrête par la Société Populaire, séante à Pont-lcvoy, dans sa séance du i pluviôse, an 2 e de la République.
26 janvier 1794 (6 pluviôse, an II). — Ce jour le Directoire du Département de Loir-et-Cher, nomme le citoyen Chappotin Inspecteur du Collège de Pont-Levoy, aux appointements de 1.500 livres, plus 600 livres pour frais de bureau et comptabilité.
Lors de la levée extraordinaire des volontaires pendant les guerres de la Vendée, Chezelle et Lasnier faisaient partie du Comité Révolutionnaire et de Surveillance de Pont-Levoy.
Ils furent vivement repréliendés par le citoyen Douriès, agent national du District de Carismont, pour leur négligence envers la Nation ; il leur reprochait de ne point stimuler assez énergiquement les volontaires qui* se dérobaient ou faisaient les récalcitrants pour rejoindre leurs corps.
En juin et juillet 1794 (messidor, an II), le traitement des professeurs de musique de l’Ecole fut ainsi fixé, en diminution sur l’état précédent :
Chezelle, son trimestre fixé à 195 livres au lieu de 300. André,* » » à 195 » » 3 2 5 *
Ponchard » » à 22q » » 375 *
Décembre 1794. — Janvier 1795 (Nivôse an III). — On augmente les trois professeurs ci-dessous, à cause de la nouvelle charge qu’on leur imposa de surveiller les cours pendant les récréations des élèves.
Chezelle obtient 80 livres par mois, en plus de son traitement. Ponchard 100 livres, et André 86 livres 13 sous 4 deniers.
15 mars 1795. — D’une lettre datée de Blois (25 ventôse, an III) rédigée par le citoyen Chappotin, directeur
de l’Ecole, il résulte que le maître de violon Chezelle jouit d’un traitement de 1.500 livres, à lui accordé par délibération du District en date du 18 pluviôse dernier, à condition que son fils donnera, dans la même partie, trois heures de leçons aux élèves. Cette lettre était adressée aux citoyens administrateurs du District. (A. D. vS le 637, Liasses).
17 avril 1795. — Voici un document qui nous prouve que le départ de l’Ecole du citoyen Ponchard, dont les idées étaient fort avancées, fut un soulagement pour le personnel de l’établissement.
Nous copions fidèlement cet extrait de lettre :
Pont-Levoy, 28 germinal, an III.
« Estimable Citoyen (1),
« Je m’adresse à vous pour vous prier de rendre un « service bien important à l’Ecole de Pont-Levoy, celui « de la débarrasser d’un bien mauvais sujet qu’Hézine (2) « y a placé et qui est digne de son patron. Cet individu est « le nommé Faulknor, maître d’anglais et le dernier « terroriste qui soit encore au Collège depuis le départ « du citoyen Ponchard. »
Du 19 juin au 19 juillet 1795 (messidor an III), les honoraires des maîtres de musique sont fixés ainsi :
Chezelle émarge 125 livres par mois.
André » 108 »
(1) Cette lettre était adressée au citoyen Bellenoue-Villiers, administrateur du Départ 1 2 de Loir-et-Cher, par le citoyen Chappotin.
(2) Ex-professeur de mathématiques au Collège de Pont- Levoy, devenu agent national du District de Blois, le plus abominable dénonciateur qui fut jamais. ( Souvenir s de la Terreur à Blois. 1877, page 28).
Krug , professeur de musique vocale, remplace P011chard et touche 125 livres mensuelles (1).
Du 19 juillet au 18 août 1795. — 1/Administration du District, dans le mois de thermidor, an III, sur la proposition du Directeur de l’Ecole, Chappotin, nomme professeur de lecture et secrétaire à ladite Ecole le citoyen Hildebrand, aux appointements de 1.000 livres ; il touche, pour ce mois, 83 livres 6 sous 8 deniers (A. D. S ic 637, L 782 à 796). Cet Hildebrand avait fait tous les métiers : qu’011 en juge par le menu de ses faits et gestes (2).
(1) Voici les principales étapes de la vie de Ponchard (Antoine), né en 1758 à Bussu près Péronne, où il fut enfant de chœur puis aussi à la cathédrale de Piège ; successivement maître de musique à l’église de Saint-Malo, à la cathédrale de Bourges et à celle d'Auxerre. Il se maria à Paris eu 1786 et eut un fils qui fut célèbre comme chanteur, le fameux ténor Ponchard, l’idole des dilettanii sous l'Empire et la Restauration. En 1787 il devint professeur à l’Ecole de Pont-Levoy où il passa l’époque de la Révolution ; il devint ensuite maître d’école à Mareuil près Saint-Aignan ; il suivit une troupe dramatique à Châlons, dirigea un orchestre de théâtre à Lyon ; revint à Paris où il obtint — ce farouche révolutionnaire — la place de maître de chapelle de Saint-Eustache où il mourut en septembre 1827.
(2) Antoine Hildebrand naquit en 1753 à Saint-Dyé-en-Lorraine. Né sans fortune, il entra à l’âge de 7 ans enfant de chœur à l’église de Saint-Dyé. Depuis cet âge, il n’exerça jamais d’autre état que celui d’être au service de l’église comme musicien.
Ayant eu quelque ennui, il s’engagea dans une musique de régiment en Espagne ; mal lui en prit, car le vaisseau sur lequel il revenait après avoir fait son service, tomba entre les mains des corsaires algériens, ce qui lui valut de passer sept ans et demi esclave du Dey d’Alger. Il en fut dégagé par le Consul de Suède, aux enfants duquel il avait enseigné la musique.
Revenu en France et ne sachant que faire, il avait lu dans les affiches du temps qu'une place de musicien était vacante à la Cathédrale de Blois ; il s’v présenta et l’obtint de Mgr l’Evêque
15 novembre 1795 (25 brumaire,, an III). — Pétition de Cliezelle, maître de violon à T Ecole nationale de Pont-Levoy, aux administrateurs du District de Caris- 111011t.
« Citoyens,
« Etant le plus ancien des instituteurs du Collège
et du Chapitre (a) le 20 septembre 1782, à titre d’essai, puis définitivement accepté le 12 novembre (b).
Huit mois après (14 juin 1783) il fut installé chapelain de Notre-Dame de Morvilliers (e) et, plus tard, transféré à la Chapelle Saint-Sylvain qu’il posséda jusqu’à la Révolution.
L’hiver de 1789 fut un des plus calamiteux qu’on ait jamais vus ! Les choristes présentèrent une demande d’indemnité et Hildebrand fut autorisé, comme les autres, à toucher 30 livres par avance, eu raison de la cherté des vivres et de la rigueur du cruel hiver.
Au moment de la Révolution lorsque les bas-chœurs furent supprimés, les musiciens de la Cathédrale Saint-Louis exposèrent individuellement la situation des revenus dont ils jouissaient. Le Directoire de District accorda une pension viagère à chacun d’eux. Sur 600 livres que réclamait Hildebrand, 011 lui en accorda 283, le 24 janvier 1791 (A. D. L 30, p. 89).
Ne sachant, encore une fois, que faire pour vivre. Hildebrand s’improvisa maître de musique à Blois et le Comte de Salaberry, amateur de musique, qui jouait fort bien le violoncelle, se l’attacha de suite pour avoir une basse de plus dans ses réunions musicales.
Cet homme assez rustre — dit le Comte de Dufort, dans .ses Mémoires — s’échauffait par moments, « heureux quand il prenait le bon chemin ! «
A cette époque troublée, il se jeta dans le mouvement révolutionnaire et fut revêtu de pouvoirs pour arrêter les prisonniers. Par une dérision de la destinée, ce fut lui qui interna son protecteur M. de Salaberry (le même qui porta sa tête sur l’écliafaud) et, comme nous le disons plus haut, fut nommé eu l’an III, secrétaire et professeur de lecture à l’ICcole nationale de Pont- Levoy.
a) Mémoires de Dufort de Chevernv.
B) Registre Capitul. de la Cathédrale de Blois.
C) Archives Départ, de Loir-et-Cher.
« de Pont-Levoy, j’ai attendu que le besoin me fit un « devoir de réclamer de votre justice, le bienfait de la « loi qui maxime les traitements des instituteurs ».
« De tout temps, il exista à l’Ecole de Pont-Levoy « deux maîtres pour la partie que j’enseigne ».
« Mon Collègue, dont le traitement était au maximum , u est mort il y a environ 2 ans i /2 et, depuis ce temps, « l’économie ayant fait un devoir au Directeur, de réunir << les deux exercices de violon, je les ai tenus avec un « traitement de 1.200 livres ».
« Je crois donc, Citoyens, que je suis suffisamment « autorisé à vous demander le maximum dont jouissait « mon collègue ».
Signé : Chezelle.
6 septembre 1796. — Les bâtiments de l’Abbaye ayant été aliénés par le Gouvernement, furent achetés par le Directeur de l’Ecole, Chappotin.
A ce moment, un Inventaire de tout le mobilier qui 11’avait pas disparu avec les Bénédictins et qui existait encore dans le monastère, fut établi. — Une grosse liasse, brochée, contenant tout le détail de ce mobilier, est déposée aux Archives de la Préfecture (S u ‘ 634).
Nous relevons bien peu de choses, concernant le mobilier des salles de musique.
i re Salle d'étude du I er professeur de violon.
Elle contient une vieille armoire en bahut, trois chaises et trois pupitres, estimés 6 livres.
2 e Salle d'étude pour le 2 e professeur de violon.
Une petite armoire, trois pupitres, quatre chaises, estimés 8 livres 10 sols.
Salle des instruments à vent.
Une petite table, deux pupitres et quatre chaises, estimés 3 livres.
Salle de musique vocale.
Une petite armoire, une table et une chaise, le tout estimé 4 livres.
Cet inventaire, fait lors de la prise de possession, est signé par T acquéreur M. Chappotin.
C’était l’époque des fêtes patriarcales instituées par le Directoire ; on célébrait l’Enfance, l’Adolescence, l’Age mûr et la Vieillesse par des fêtes civiques, imitées de l’antique.
1796-1797. — Nous trouvons en date du 4 prairial, an VI (1796-1797) une curieuse délibération du Conseil municipal de Pont-Levoy, adressée aux Instituteurs de la Commune, qui nous fait connaître l’esprit de ces sortes de fêtes.
(( L'Administration de la Commune de Pont-Levoy « s’étant fait mettre sous les yeux les Loix et les diffé- « rents Arrêtés et Instructions du Directoire Exécutif, « relatifs à la célébration des fêtes nationales,
« Arrête :
« i° Que la fête nationale de la Reconnaissance sera « célébrée conformément aux Loix précitées, le 10 du « courant dans ce chef-lieu de canton ;
3° « Qu’il sera écrit aux citoyens Chappotin et A niant, « instituteurs et maîtres de pension en cette Commune,
(1) Bibliothèque de Blois ; page 214.
« à l’effet de les inviter à assister à cette fête, avec leurs « élèves respectifs ;
5° « Que les artistes-musiciens attachés à l’Ecole « Chappotin, seront invités, par l’organe dudit citoyen « Chappotin, à embellir la fête, par des chants et des « hymnes patriotiques.
7° Que le Cortège se rendra d’abord au pied de l’arbre « de la Liberté, où il se fera une halte et où il sera exécuté « divers airs de musique instrumentale et vocale ».
Août iyqy. — Le Baron de Frénilly, dans ses Souvenirs (i), relate ses impressions de voyage à Pont-Levoy :
« Je fis quelques excursions à Chenonceaux.
« Nous courions le pays...
« Nous allâmes au Collège de Pont-Levoy, assister à « la distribution des prix ; il y eut spectacle, ballet et « grand dîner... »
1799. — M. Chappotin avait, sans nul doute, été dénoncé en haut lieu ; la lettre suivante le prouve :
« Lettre du Ministre de la Police Générale de la Ré- « publique, au Commissaire central près le Département « de Loir-et-Cher à Blois.
Paris, 29 pluviôse, an VIII.
(17 février 1799)..
« A en juger par des renseignements qui ont été four- « nis à mon ministère, le chef de l’Ecole de Pont-Levoy, « le citoyen Chappotin, ne se pique pas de moralité, ni « de faire naître dans le cœur de ses élèves, l’amour des « institutions républicaines.
« Vous voudrez bien prendre les informations les plus « exactes sur la conduite morale et politique de cet « individu, sur le mode d’enseignement exercé dans cette « maison.
« J’attends de vous ces renseignements afin que je « puisse prononcer avec plus de connaissance de cause.
« Salut et Fraternité.
« Signé : Du val ».
î/gg-rSoo. — Dans le Palmarès des Prix de l’an VIII et de l’an IX, il est donné des Prix de musique vocale , de violon , de violoncelle, de flûte et de clarinette , sans désigner le nom des professeurs.
1804-1805. — En l’an XIII, les prix de musique vocale et instruments désignés ci-dessus sont inscrits au Palmarès, plus, un prix de Hautbois.
1810. — Cette année, M. Chappotin, directeur de l’Ecole, reprit la tradition des séances littéraires et musicales des anciens Bénédictins, données par les Rhétoriciens et les Humanistes.
Par exception, en 1808, nous relevons le nom de M. Krug aîné (1), comme professeur de musique vocale ; le nom des autres maîtres fait défaut.
(1) Krug est souscripteur au grand ouvrage en 3 volumes, publié par Choron, dédié à S. M. l'Empereur et Roi : Principes de Composition des Ecoles d’Italie.
Nous possédons le spécimen d’un Programme des Séances littéraires de l’Ecole. Ils étaient dressés par chaque professeur et copiés à la main par eux-mêmes. Nous le transcrivons à titre curieux : il porte l’empreinte du temps.
« Fête Scholastique »
« donnée par Messieurs les Elèves du Collège de Pont-bevov, à l’occasion de la Distribution des Prix, le 18 août 1824 ».
A partir de l’année 1820, Y Annuaire de Loir-et-Cher inscrit les noms des professeurs de l’Ecole. Pour la mu-
i re vSéauce.
N° t. Ouverture de la Dot de Suzette , musique de Boieldieu.
N° 2. Cantique de Joseph, de Méhul.
N° 3. Discours d’inauguration fait et prononcé par M. Lanusse.
N° 4. Concerto de Devienne, pour flûte, exécuté par M. Rouet.
N° 5. Quatuor de Pleyel, pour violon, exécuté par M. Dorte.
N° 6. Concerto de Cor , de Duvemov, exécuté par M. Saintoureau.
N° 7. Pot pourri de Dnpierge, pour violon, exécuté par M. Vlhury.
N° 8. Escrime.
X° 9. Ouverture des Trois Sultanes.
N° 10. Séance Littéraire des Humanistes.
X° 11. Danse.
2 e Séance à 3 heures précises.
t. Ouverture du Jeune Henry, musique de Méhul.
2. Séance Littéraire des Rhétoriciens-Philosophes précédée d’un Prologue dramatique, en vers.