‹ Les maîtres du paysageChapitre 100 sur 193 · Dic^i) VcIcT^qHC^: t. Il, p. iHi et suiv · texte numérisé non relu

Dic^i) VcIcT^qHC^: t. Il, p. iHi et suiv

3o6 LES MAITRES DU PAYSAGE.

rois, Velazquez s'était occupé de la Salle de réunion qu'il avait fait décorer de tapisseries et, pour suffire à la tâche compliquée qui lui était dévolue, il avait largement payé de sa personne.

Malgré les difficultés de sa mission, le grand artiste l'avait accomplie jusqu'au bout, admiré de tous « pour son élégance, la noblesse et la dignité de sa personne, son goût et le tact exquis qu'il mettait à toutes choses «. Mais quand, après 72 jours d'absence, il rentrait à Madrid, le 2() juin i()()o, il }• rapportait le germe d'une fièvre pernicieuse qui, en dépit des soins qui lui furent prodigués, l'enlevait peu de temps après, le 6 août suivant, à l'âge de ()2 ans.

Pas plus qu'il n'avait eu de prédécesseurs, Velazquez ne devait laisser d'héritiers de son talent, et ses élèves ne font que mieux ressortir sa supériorité. Le plus remarquable d'entre eux, Juan Bautista del Ma^o qui, dès 1634, était devenu son gendre, possédait une très réelle habileté à copier les œuvres du Titien, de Véronèse, du Tintoret et même de Rubens. Ses portraits offrent avec ceux de son maître certaines analogies de facture et quelques-uns d'entre eux ont pu prêter à des confusions d'autant plus explicables que Velazquez les a plus d'une fois retouchés. Les paysages de Mazo — le Prado en possède une dizaine — manifestent un sens plus personnel. La plupart sont des compositions animées par des épisodes mythologiques; d'autres, au contraire, représentent des vues de villes, très exactement reproduites. Telle est notamment la Vue de Saragosse (musée du Pradoi exécutée en i()47 sur l'ordre de Philippe IV, et pour laquelle l'Infant don Baltazar avait désigné lui-même le point d'où elle devait être prise, sur la rive gauche de l'Èbre. La silhouette de la ville avec ses tours et ses principaux édifices se découpe sous un ciel d'un gris lumineux: une vraie ville espagnole, d'aspect triste et revêche, sans aucun arbre pour égayer cet amas de constructions moroses. Le moment choisi par l'artiste est celui où le cortège royal avec les carrosses de la cour vient de rentrer dans l'ancien palais des rois d'Aiagon, et une foule de petits personnages de toutes conditions occupe, au premier plan, les bords du fleuve. Ces figures très vivantes, aux costumes très variés, sont si spirituellement indiquées qu'elles ont été pendant longtemps, non sans quelque vraisemblance, attribuées à Velazquez lui-même.

De paysagiste pur on ne trouverait guère à citer en Espagne qu'un

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