‹ Les maîtres du paysageChapitre 101 sur 193 · PAYSAGES DE MURILLO · texte numérisé non relu

PAYSAGES DE MURILLO

contemporain de Vclazquez, Francisco Collantes (1599-1656), l'auteur de paysages dramatiques comme VIncendie de Troie (Musée de Grenade) ou la Vision d'E'{échiel (Musée du Prado) avec des monuments en ruines et les morts sortant de leurs tombeaux pour comparaître au Jugement dernier. Le Buisson ardent du Louvre est certainement un de ses meilleurs ouvrages et l'âpre sauvagerie de la contrée où se passe la scène, l'épaisse végétation de ses broussailles et de ses arbres, la fraîcheur de ses eaux claires s'épandant parmi des quartiers de roches y sont exprimées avec une force singulière. La figure de Moïse, un pâtre espagnol aux traits énergiques, et les bêtes qui l'entourent — un âne et des moutons — attestent la diversité des aptitudes d'un peintre qui possédait à fond toutes les ressources de son art.

Il semble qu'avec les instincts réalistes qui, surtout au début de sa carrière, lui faisaient rechercher les sujets les plus familiers et les types populaires, le paysage aurait dû tenir une grande place dans l'œuvre de Murillo (16 18-1682); il n'y intervient que très rarement, au contraire, et même lorsqu'il y apparaît son rôle est réduit au strict nécessaire. Tout au plus, dans le Saint François de Paule du Prado, aperçoit-on un bout de lointain, un coin de campagne aride et, sur le devant, quelques plantes au large feuillage, copiées d'après nature, pour la circonstance, afin de meubler les premiers plans. Ce n'est guère que dans les cinq épisodes de VHistoire de Jacob destinés au palais du marquis de Villa-Manrique, qu'une part un peu plus large a été faite à la représentation de la nature. L'Ermitage possède deux des tableaux de cette série, conçus d'une façon tout à fait décorative. Dans l'un d'eux : Isaac bénissant Jacob, la scène se passe dans la maison du patriarche, une chaumière sordide, inhabitable, telle qu'on en rencontre encore bon nombre en Espagne. Mais dans la principale composition de cette suite : — elle se trouve dans la collection du duc de Westminster, à Grosvenor-House — Laban cherchant dans la tente de Jacob ses dieux pénates dérobés par sa Ji lie , les figures et le bétail qui animent la scène se détachent sur une vallée poussiéreuse dont ks terrains aux lignes un peu vagues, sont d'une tonalité crayeuse et molle, assez inconsistante.

Pour en finir avec l'Espagne, nous ne voyons plus guère à mentionner, relativement au sujet qui nous occupe, que les fonds de paysage de quel-

qucs-unes des compositions de Francisco Goya y Lucicntes(i74()-i828 . un artiste assez fantaisiste, inégal et, suivant nous, un peu surfait. l"]mpiuntés le plus souvent aux bords du Mançanarès et aux environs de Madrid, ces fonds se retrouvent dans plusieurs de ses Fêles de villages. notamment dans la Romeria de sait Isidoro, et dans les cartons de tapisseries, plus bariolés qu'harmonieux, exécutés par Goya pour la Fabrique de Santa Barbara : mais ce sont là plutôt des pastiches de Teniers, de Tiepolo et de nos maîtres du xvm" siècle que des créations vraiment originales.

PR. COLLANTES. — LE BUISSON ARDENT. .Musée du Louvre. (Photo Neurdcin.)

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JOHN CONSTABLIi. — l'ONT D ABINGDON. (Dessin d'après nature. Bïbl. nat.J

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