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SUJETS HISTORIQUES OU MYTHOLOGIQUES

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répondent le mieux à ce parti pris d'exagération dans les contrastes et

d'extix'me éclat dans le coloris qui va devenii" son principal souci.

\'irtuose de l'aquarelle, c'est d'elle qu'il se sei"t pour préparer ses

tableaux et, non content de laisser subsister dans une large mesure, et

sans la recouvrir, cette préparation, il revient, après coup, sur les parties

peintes à l'huile avec des rehauts de gouache. Les superpositions réitérées

de glacis et d'empâtements appliqués au couteau auxquelles il se livre

peuvent parfois produire des rencontres imprévues et des effets piquants.

Mais la volonté n'intervient guèie

dans ces opérations plus ou moins

heureuses et qui, en tout cas.

entraînent des risques certains

pour la bonne conservation de la

peinture. Un grand nombre des

tableaux de Turner ont déjà, de

ce fait, subi de graves altéi'ations

et semblent voués à une l'uine

prochaine.

Même quand l'artiste annonce l'intention formelle de représenter un site déterminé, comme il ne dispose que de notations insuffisantes et qu'au cours de l'exécution il se laisse entraîner pai' sa fantaisie, les images qu'il en donne sont de moins en moins fidèles. Qu'il s'agisse du Sancliiaire de Lorcto, d'une Une d'Orvieto ou du Château d'Heidelberg, ceux qui connaissent ces diverses localités auraient grand'peine à les reconnaître dans les prétendus portraits qu'il en a tracés. A plus forte raison quand il cherche à placer dans le milieu qui convient à chacune d'elles des scènes de la Fable ou de l'Histoire, ses tentatives sont-elles dénuées de toute vérité et même de toute vraisemblance. Sans le secours du livret, il serait impossible de découvrir les titres de sujets comme Réi^iiliis quillaiil Rome pour retourner à Carthage, Phrj-né se rendant au bain ou le Débarquement d'Agrippine rapportant les cendres de Germanicus. Telles que Turner les a représentées, les contrées où se passent ces épisodes n'ont rien à voir ni avec l'Italie, ni avec la Grèce. Dans le Golfe de Bdia arec Apollon et la Sibylle, exposé en i823, par conséquent après son premier voyage d'Italie en iHkj, le paysage n'est guère qu'un ramassis d'éléments hété-

\V. TURNliR. — LA JETEE.

fColIection de M. J.-P. Heseltinc.J

rogènes, arbitrairement rapprochés, parmi lesquels, en cherchant bien, on retrouverait les cascatellcs de Tivoli et quelques-unes des ruines du Forum romain, à côté du Môle de Naples. Bien que postérieur de huit années et exécuté en i83i, après le second voyage de Turner en Italie, le Palais de Caligula, situé dans ce même golfe de Haïa, paraît un motif emprunté à une contrée toute différente, par la structure des terrains aussi bien que par la végétation. Quant à l'architecture de ce palais, c'est un véritable amalgame des constructions les plus bizarres : arcades, tours, portiques et colonnades, absolument dépourvues de style et qui rappellent ces entassements d'édifices fantastiques dont, vers la même époque, un peintre assez médiocre, John Martin, sous prétexte de magnifier les civilisations de l'Orient ou de l'Italie, déploj-ait le banal étalage autour du Fesliii de BaUha\at\ de la Chute de Xiiiire ou de la Destruction de Poinpéi.

C'est surtout dans les compositions inspirées par l'antiquité qu'apparaît l'absence complète de goût et de mesure qui dépare les derniers ouvrages de Turner. Ulysse se dérobant à la colère de Polrphème, peint en 1829, est d'une étrangeté qui touche à la démence. Les colorations y sont aussi désordonnées que les formes, et le regard cherche en vain à se reposer parmi les voiles de ces barques pavoisées d'étendards aux tonalités criardes, au milieu de ces rochers percés de mille manières, sur ces eaux où des bleus crus se heurtent à des rouges indisciplinés, dans ce ciel oij, sous prétexte d'un lever de soleil, l'artiste a tiré un véritable feu d'artifice dont les fusées multicolores éclatent un peu partout. Afin de donner encore un plus libre cours à ces dévergondages pittoresques, Turner aborde des sujets qui prêtent à des antithèses violentes et autorisent toutes les extravagances. Dans le ]^aisseau « le Téméraire » remorqué pour son dernier poj'age, c'est la fin de la navigation à voile et l'avènement des bateaux à vapeur qu'il a voulu représenter, avec le voilier tout flamboyant d'éclat et le paquebot noirâtre vomissant ses fumées sombres et opaques dans un ciel sanguinolent, zébré de rayures fauves. Ou bien c'est la Paix et la Guerre, avec leurs contrastes outrés à plaisir, combinés pour se faire complaisamment écho; ou encore la lutte des éléments déchaînés comme dans la Tourmente de Neige. Deux autres pendants, le Matin avant le Déluge ou Ombres et Ténèbres et le Soir après le Déluge ou Couleurs et Lumières, lui fournissent

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