‹ Les maîtres du paysageChapitre 168 sur 193 · C. BhRNIER. — BORDS DE I. ISOLE · texte numérisé non relu

C. BhRNIER. — BORDS DE I. ISOLE

Musée de Morlaix.

tion patiente et la conscience qu'il considérait comme une probité chez l'artiste. Aucun parti pris ne devait altérer cette vision loyale de la nature qui, servie pai' une main docile, ariivait à fixer des impressions à la fois nettes et délicates. Janiais satisfait, il lui arriva plus d'une fois de s'asseoir aux mêmes endroits, apportant, à chacune des variantes qu'il donnait de ces motifs pareils, des exigences plus sévères, un désir plus ardent de perfection. Ainsi qu'il me l'écrivait de Kerlagadic, un des derniers printemps qu'il y passa : « Je rôde dans la lande et, tout en passant par mes vieux chemins, je regrette de m'ètrc juré que je ne m'y arrêterais plus. Ce sont toujours mes motifs préférés et, dans ce moment où les feuillages sont encore clairs et légers. la nature est si charmante que je me tiens à quatre pour ne pas entreprendre, une fois de plus, un tableau que j'ai déjà fait cent fois! » C'est à cette conscience toujours plus scrupuleuse et mieux informée que sont dus les ouvrages accomplis qu'a laissés Bernier : la Ferme ^Musée du Luxembourg\ la Laude (Musée de Quimper), VÉtansç de Quimerc'h, le Chemin abandonné^ les Sabotiers, les Bords de l'Isole i^Musée de Morlaix) et ces Chemins creux dont il a si excellemment exprimé la grâce et le rustique abandon.

Les nombreuses études généreusement données par sa veuve au petit musée de Kériolet (près de Concarneau), au cœur même de la contrée

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