‹ Les maîtres du paysageChapitre 49 sur 193 · BI · texte numérisé non relu

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duit les aspects caractéristiques, avec de belles ordonnances, faciles et élégantes. Ses arbres au feuillage léger se profilent sur des ciels purs où flottent quelques nuages dorés sur leurs bords par les derniers rayons du couchant, tandis qu'à l'horizon, de grandes ombres bleuâtres envahissent les montagnes. Both a su exprimer avec justesse, parfois même avec poésie, les contrastes saisissants qu'offrent en Italie ces rapides moments, dans lesquels à la chaleur du jour succèdent brusquement les fraîcheurs du crépuscule. Au premier plan, sur une route mal frajx'c, près d'un pont branlant, jeté au-dessus d'un torrent, des touristes de distinction, — seigneurs en habit de velours et belles dames empanachées, — avec leurs guides et les mules chargées de leurs bagages, se hâtent pour arriver, avant la nuit, à quelqu'un de ces gîtes de hasard, mal approvisionnés et peu confortables, qui marquaient alors les étapes d'un voyage d'agrément en Italie. Avec une impression d'ensemble assez franche, les valeurs sont exactes, le dessin correct, mais trop peu renouvelé par l'étude de la nature. On retrouve un peu partout dans son œuvre ces dispositions pareilles, ces repoussoirs complaisants, et ces arbres au feuillage grêle, dont les silhouettes mouvementées se découpent en festons uniformes. Notre ^nxnà Pajsage du Louvre et celui du Ryksmuseum sont de bons spécimens du talent du maître, agréablement peints, avec les oppositions savoureuses de tons ardents dans les lumières et de bleus profonds et froids dans les ombres, avec ces arbres aux contours déchiquetés, sans doute des platanes, qui sont comme la signature de Both. Les meilleurs des tableaux de Both sont les moins composés, et parmi les ouvrages importants que possède de lui la National Gallery, un des plus remarquables est certainement une simple étude, faite peut-être d'après nature, dans Rome même, avec les murailles de la ville dorées par le soleil et le Tibre limoneux qui coule à leur pied.

A côté de Both, il convient de citer son contemporain, Jean Asselyn qui, né à Dieppe en ibio, avait, à peine âgé de vingt ans, émigré en Italie où il fit un long séjour. Membre de la Bent^ il y était connu sous le surnom de Krabellje ije petit crabe^ à raison d'une déformation de sa main qui nécessitait pour lui l'emploi d'une palette spécialement fabriquée à son usage. En revanche, sa figure et sa prestance étaient fort avenantes, ainsi que le montre la charmante eau-forte de Rem-

brandt, gravée d'après lui en i()48. A son retour de Rome, en i()4^. Asselyn s'était réinstallé à Amsterdam, où il mourut en \Gb2. Les paysages italiens qu'il a composés à l'aide de dessins faits d'après nature, pendant son séjour au delà des monts, sont le plus souvent des vues prises à Rome ou dans les environs, à Frascati et à Tivoli.

d'une exécution facile, mais un peu sommaire.

Les deux tableaux de lui que possède le Louvre offrent ce mélange de ruines et de végétation dont l'aspect pittoresque était, il cette époque, très goûté des amateurs.

Bien qu'il ne soit pas non plus originaire d'Utrecht, Nicolas Bcrchem se rattache au groupe des italianisants, parmi lesquels son talent lui assigne une des premières places. Fils d'un habile peintre de nature morte, nommé Pieter Claesz, il avait été baptisé à Harlem le i" octobre i()2o et, après les premières leçons que lui donnait son père, il avait successivement reçu celles de maîtres assez nombreux : Pieter de Grebber, Cl. Moeyaert, .lan van (ioyen. .lan \Nils dont il épousa la fille, et .L B. W'eenix dont il était le cousin. Kn dépit de la diversité de ces enseignements et de l'inHuence qu'ils ont dû exercer sur son développement, Bcrchem est un maître original et chez lequel une étude plus attentive de la nature aurait pu féconder plus richement encore des aptitudes très réelles. Affilié en ir)42 à la (iilde de Saint- Luc de Harlem, il se fixait ensuite à Amsterdam où, après avoir eu lui-même un atelier très fréquenté, il mourut, le 18 février i683. On ignore à quel moment il avait vu l'Italie, et ce voyage a même été con-

N. IIKRIMIKM. RUINKS RDMAINKS.

Ryksmuscum d'AmsIcrdam. (Phni. Hanfvtacngl.)

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