KAREI, DU JARDIN. — I.K PATURAGE
Musée du Louvre. (Phot. Neurdein.)
trouvé le secret de la fabrication d'une matière susceptible, en prenant toutes les formes, d'acquérir un poli et une solidité remarquables. Le talent et la sùieté du caractère de Salomon lui avaient fait confier, à diverses reprises, la gestion des intérêts de la Gilde;en 1647, il en était nommé commissaire, puis doyen en 1649, et jusqu'à sa mort il ne cessa plus de participer à son administration. Ainsi que son frère, il était
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affilie à la secte des Mcnnonitcs et il avait certainement acquis quelque aisance, car les frais de son enterrement, qui eut lieu le i"' novembre 1670, dans lY'glise Saint-Bavon, montèrent à 24 florins, somme considérable pour l'époque.
Salomon Ruisdael est un peintre de grand mérite. Si, au commencement de sa carrière, ses oeuvres, qu'il signe tantôt de son monogramme et tantôt de sa signature entière, présentent avec celles de van Goyen des ressemblances qui les ont souvent fait confondre, elles manifestent, par la suite, une originalité croissante et justifient la faveur dont le maitre jouit aujourd'hui. Leurs dates, comprises entre lôSi et lôby, permettent de constater une véritable évolution dans le développement de son talent. Tout d'abord, en effet, dans ses premiers tableaux — Musée de Berlin i i(i3i). Galerie de Dresde ; i633), Musées de Bruxelles et de Bordeaux (i(>34-iG35) — on a peine à le distinguer de van Goj^en. Ses motifs sont pareils; sa peinture est, comme. celle de son prédécesseur, fine, légère et un peu inconsistante. Le feuille de ses arbres, qu'il indique par des touches d'un gris verdàtre, claires et empâtées, n'est pas non plus d'une exécution bien variée. Mais bientôt les deux artistes semblent suivre une marche inverse. Tandis que van (ioyen, plus préoccupé de l'effet que de la couleur, va restreindre peu à peu les éléments de sa palette et, à force de simplicité, tendre de plus en plus à la monochromic, Ruisdael, au contraire, montre graduellement des colorations toujours plus riches. Avec une pâte plus généreuse, ses paysages deviennent d'un ton plus nourri, plus intense, et dans les derniers qu'il a peints il atteint une puissance extrême. Les êtres animés tiennent aussi, d'ailleurs, une place croissante dans les compositions de Salomon Ruisdael ; il sait, en les multipliant, varier ses données, et bêtes ou personnages sont rendus par lui avec une vérité d'attitudes et d'allures qui suffirait à la renommée d'un peintre. Les sujets favoris de l'artiste sont ceux-là mêmes que van Goyen a le plus souvent traités : des bords de Heuves ou de canaux, avec des saules ou des ormes gracieusement penchés sur leurs rives, comme à la Pinacothèque de Munich, et dans les deux Bords de rivière, acquis en it)o3 par le Louvre. Le peintre donne cependant à ces divers motifs une signification très personnelle, par son exécution autant que par les épisodes variés qu'il y mtroduit : des cavaliers ou des carrosses, arrêtés devant quelque