J. VAN GOYEN. — LES CIIAUMIÈRES
Pinacothèque de Munich. (Phol. Hanfslaengl.)
l'Ermitage, qui possède également deux autres paysages de 1647. Nous relevons de plus le nom du jeune artiste sur les listes de la Gilde de Harlem, dès 1648.
Son oncle Salomon passe pour avoir été son maître; mais il a bien pu recevoir aussi des leçons de son père, si, comme le pense M. Bode, celui-ci a aussi été peintre. Les premiers paysages que nous connaissions de Ruisdael — ceux de Reaumont-House et de l'Ermitage (datés de i64() et 1647); puis ceux des Musées d'Anvers et de Nancj* (1649) — nous offrent généralement des motifs très simples pris aux environs de Harlem : un pays plat, sablonneux, à peine couvert par places d'un maigre gazon, une route qui serpente à travers la campagne, quelques pauvres chaumières tapies sous des arbres rabougris et, au loin, une échappée sur un horizon boisé et bleuâtre. Les premiers plans sont d'une exécution sommaire et les détails restent noyés dans les tons roussàtres de la préparation, tandis que les fonds et les arbres surtout, très scrupuleusement étudiés, montrent une coloration acre et froide, et une facture un peu pénible. Mais avec son extrême précision, le dessin de CCS arbres dénote une application minutieuse, et la dentelure compliquée de leur feuillage se découpe nettement, non sans quelque dureté, sur le ciel. Malgré les petites dimensions de ces premiers ouvrages, la