CONSCIENCE DE PAUL POTTER
PAUL POTTEB. LE TAUHKAU.
Buckinj^ham-Palace. (Phot. Hanfstaengl.)
chez elles, est rudimentairc, à l'état d'ébauche; mais tout cela existe et il est intéressant de les comprendre, de pénéti'er dans leur vie, dans leurs mœurs.
La conscience que Paul Potter mettait à étudier les animaux était extrême et les dessins qu'il a faits d'après eux ont été, dès ses débuts, des modèles de vérité patiente et de tine observation. Leurs formes, ieui-s allures, leurs façons de se tenir, de regarder, de rêver sont exprimées par lui avec des scrupules inouis d'exactitude, avec une clarté et une évidence qui rendent intelligibles pour tous les intentions de
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l'artiste. Ainsi que l'a remarque Cherbuliez, « en regardant tel de ses tableaux, vous vous convaincrez facilement que ses vaches lui étaient plus chères que leur vacher »'. Il a été, en effet, leur portraitiste, bien plus que celui de leurs gardiens. Cependant, avec le temps, son amour pour son art et son désir ardent de perfection le poussaient à mettre une conscience pareille non seulement dans l'étude des figures, mais dans celle du paysage où s'encadre leur vie. Les chaumes, les hangars aux toits branlants, les barrières, les arbres avec leurs écorces et leurs feuillages variés, les plantes qui s'étalent aux premiers plans, avec leurs moindres nervures, les tieurs des prairies et les brins d'herbe eux-mêmes sont rendus dans ses œuvres avec leur véritable et intime physionomie. Pour lui, rien de ce qui entre dans un tableau n'est indifférent; tout ce qui peut ajouter à sa signification doit y trouver place.
La précocité de Potter fut extrême et ses eaux-fortes montrent quelle habileté, quelle sûreté il avait déjà acquises à l'âge où d'autres tâtonnent et balbutient. On sent que c'était bien là un métier fait pour lui. La pointe, en effet, n'admet ni hasards, ni repentirs; elle ne dit que ce qu'on lui fait dire; elle convenait d'autant mieux aux besoins de précision de Potter et à cette probité entière qui fut toujours la règle de son talent. A son gré, jamais un contour n'est assez correct, une forme assez nettement définie. Le Vacher (Bartsch, n° 14) est daté de 1643 — l'artiste avait alors dix-huit ans — et le Berger {B. n° i5)de l'année suivante. La suite des Bœufs et Vaches (B. n'" i à 8) qui vient après, nous le montre tournant et retournant autour de ces bons ruminants pour apprendre à les représenter sous toutes les lumières, dans toutes les positions.
Ainsi que l'a judicieusement remarqué P>omentin, la célèbre toile du Musée delà Haye, datée de 1647, et certainement trop admirée autrefois, le Taureau, « n'est pas un tableau, mais une grande étude, trop grande au point de vue du bon sens, pas trop pour les recherches dont elle fut l'objet, et pour l'enseignement que le peintre en tira ». Il avait déjà beaucoup peint auparavant, et bien des tableaux meilleurs; mais il voulait se rendre un compte plus sévère des exigences et des difficultés de son art, en abordant ces dimensions (2 m. 38 sur 3 m. 4?;,