PAUL POTTKR. LA VACHE QUI SE MIRE
Musée de La Haye.(Phot. Hanfslaengl.)
le château de Binkhorst, le village de Ryswyk et la silhouette de la ville de Delft. Tout cela, sous une lumière claire et limpide, est rendu avec une précision merveilleuse, d'une touche encore un peu sèche, mais déjà singulièrement sûre et savante.
A ces nombreux détails, à l'affectueuse complaisance avec laquelle ils sont reproduits, on sent toutes les satisfactions que l'artiste goûtait dans ce commerce assidu avec la nature. Les menus incidents dont il était le témoin prenaient à ses yeux un piquant intérêt et la liste des scènes naïves qui ont tenté ses pinceaux serait longue. Dès 1646, voici, au clair soleil d'avril, les Premiers Pas (Pinacothèque de Munich) : un couple de paysans qui, dans la campagne reverdie, assistent épanouis aux essais incertains de la marche de leur enfant, un affreux marmot, encore bien empêtré et titubant. Ou bien, c'est un Gamin emportant le petit d'une lice (Buckingham-Palace), et poursuivi par une chienne qui le mord au mollet. Potter a certainement assisté à cette autre Idj'lle rustique (Mus.ée de Schwerin) dans laquelle une fille de basse-cour, serrée de trop près par un galant, lui lance en plein visage le lait du pis de la vache qu'elle est occupée à traire, pour la plus grande joie d'un passant qui s'en tient